Monde

Auteur

anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

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AUTEUR
Le commerce du cannabis : premier trafic de drogue au monde

Originaire des contreforts de l’Himalaya le chanvre est l'une des plantes les plus anciennement connues et cultivées par l'homme.

Pourtant considéré comme une drogue (douce) depuis les années 1990 l'usage, la culture, la détention et/ou la vente du cannabis sont interdits en France et peuvent donner lieu à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende (art L.3421-1 du code de la santé publique, arrêté du 22 août 1990).

En Extrême et Moyen-Orient, le chanvre (la plante dont est tiré le cannabis) est cultivé pour la fabrication de cordages, tissus, papiers, isolation… et sa résine est utilisée comme médicament pour soulager les spasmes, les troubles du sommeil et la douleur.
 
Photo : plante de cannabis
Photo : plante de cannabis
 
Le cannabis à été introduit en Europe au début du XIXème siècle par les soldats de Bonaparte (ce dernier fut d'ailleurs agressé au couteau par un musulman sous l'emprise d'une ivresse cannabique) lors de la campagne d'Égypte de 1798 à 1801, et par les médecins anglais qui l’utilisaient de manière thérapeutique pour le traitement des migraines, de l’asthme et de l’épilepsie. Le cannabis sera utilisé en France sur le plan médical : chez les pestiférés en 1835 par le Dr Louis Aubert-Roche ou en 1845 par le psychiatre Paul Moreau de Tours dans le traitement des affections mentales. C'est aussi ces deux medecins qui créeront le Club des Haschischins en 1844. Frequenté rapidement par Théophile Gautier puis par Delacroix, Nerval, Daumier, Baudelaire, Flaubert, Dumas, Balzac... on y retrouvera progressivement le gratin intellectuel parisien de l'époque.
Sur le continent américain, l'introduction du chanvre s'est effectuée en 1547 par les Espagnols et s'est poursuivie tout au long du XVIIè siècle avec le trafic d'esclaves africains. George Washington en personne en aurait cultivé ! Déclaré intoxiquant en 1886, il sera interdit pour la première fois en 1910 à la Nouvelle-Orléans, avant de connaître une prohibition fédérale en 1937. En Europe occidentale la dérive toxicomaniaque du chanvre sera tardive, la France le prohibera seulement en 1953.

 

Le principe actif du cannabis responsable des effets psycho actifs est le THC (TetraHydroCannabinol). Sa concentration est très variable (en moyenne entre 5 et 15%, mais elle peut monter à plus de 30%). Elle dépend de l’espèce et de la provenance de la plante.
 
Commercialisé sous la forme de résine et de fleurs (et plus marginalement sous forme d'huile), le cannabis alimente aujourd'hui le plus important marché de stupéfiants au monde. Chacun de ces deux produits donne lieu à un trafic distinct : les fleurs sont le plus souvent destinées à la consommation locale ou exportées vers les pays proches, alors que la résine de cannabis fait l'objet d'un trafic interrégional.
 
Schéma : les principaux pays producteurs de résine de cannabis
Schéma : les principaux pays producteurs de résine de cannabis
 
Le marché des fleurs de cannabis aux Amériques :
Sur le continent américain, le cannabis est essentiellement consommé sous la forme de fleurs, à la différence de l'Europe où l'usage de la résine est nettement plus répandu. Le marché américain est polarisé par les États-Unis. Pendant de longues années, Colombie et Jamaïque ont été leurs principaux fournisseurs. Ils ont été supplantés par le Mexique qui, au regard des saisies, apparaît aujourd'hui comme le grand producteur de fleurs de cannabis au monde. La production y est assurée sur de petites parcelles pour ne pas attirer l'attention des forces de l'ordre. Les champs de cannabis se concentrent dans la région pacifique et celle du centre-nord du pays. Les deux principaux exportateurs sud-américains de fleurs de cannabis sont la Colombie et le Paraguay. Si la colombie exporte sa production hors de la région, le Paraguay alimente le marché régional.
 
 Carte : Les saisies mondiales de résine de cannabis
 Carte : Les saisies mondiales de résine de cannabis
 
Organisation et profits du trafic de cannabis en France :
Si certains trafiquants se fournissent directement au Maroc, près de 75 % de la résine de cannabis mise en vente sur le marché français provient de grossistes établis en Espagne. Le paiement de la cargaison se fait en deux temps : la moitié sur place et le solde une fois la marchandise écoulée.
L'organisation du trafic au niveau local est mal connue. En travaillant à partir de sources policières, judiciaires et d'enquêtes de terrain, il est possible d'isoler trois types de trafics locaux : les réseaux familiaux, les réseaux de petits entrepreneurs et les réseaux d'usagers-revendeurs (peu coordonnés, constitués souvent d'usagers cherchant à financer leur consommation personnelle). Ces formes d'organisation du trafic au niveau local ne sont pas étanches : les acteurs glissent d'une catégorie à l'autre.
 
Carte : Estimation des profits du trafic de cannabis en France
Carte : Estimation des profits du trafic de cannabis en France
 
Du cannabis au Haschich :
Le cannabis présente plusieurs avantages qui expliquent l'ampleur de sa diffusion. A la différence des autres plantes à drogue comme le pavot ou le cocaïer, il peut être cultivé dans la plupart des pays. Il pousse à l'état sauvage dans nombre d'entre eux. C'est une plante facile à produire qui supporte même la culture sous serre. La fabrication de la résine de cannabis est facile, peu coûteuse et ne nécessite pas de précurseurs. Une fois récoltées, les bottes de cannabis sont mises à sécher puis réduites en une poudre qu'on appelle la chira au Maroc. Tamisée, chauffée et pressée, elle est transformée en résine de cannabis, ou haschich. Cette résine est ensuite confectionnée sous la forme de tablettes (de 250 g généralement) sur lesquelles les producteurs apposent parfois un sceau de fabrication, qui est autant une marque de reconnaissance qu'un gage de qualité de leurs produit sur un marché concurrentiel.
 
Source :
Atlas des mafias, Acteurs, trafics et marchés criminels dans le monde, Fabrizio Maccaglia et M.A. Matard-Bonucci (2009)
 

www.le-cartographe.net

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  • 26 August, 2014
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    Le commerce du cannabis : premier trafic de drogue au monde

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    Atolls Pacifique

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    Les atolls du Pacifique face au changement climatique. Une comparaison Tuamotu-Kiribati de T. Bambridge et J.-P. Latouche cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Karthala.
    Les atolls du Pacifique face au changement climatique. Une comparaison Tuamotu-Kiribati
    Note de l'éditeur :
    Cet ouvrage pluridisciplinaire réunissant géographie, anthropologie, histoire et archéologie, est le premier à aborder d’une manière comparative l’avenir des atolls du Pacifique considéré du point de vue des sociétés qui y vivent et du ressenti de leurs habitants confrontés au changement climatique.
    Il présente les résultats d’enquêtes de terrain effectuées simultanément en 2015 dans l’archipel des Tuamotu en Polynésie française et dans celui des îles Gilbert en République de Kiribati. Des synthèses historiques sur les axes traditionnels de la résilience d’îles basses, très exposées aux risques cycloniques et aux submersions marines, complètent ces observations contemporaines pour souligner les dangers d’un développement économique oublieux de l’équilibre socio-environnemental et des effets potentiels du changement climatique.
    Ces analyses lancées à l’initiative de l’AFD (Agence française de développement) s’adressent autant à un public sensibilisé aux enjeux climatiques mondiaux qu’à des responsables et acteurs des politiques publiques. Au-delà des différences ponctuelles, elles témoignent du rejet d’ensemble des consignes internationales par des sociétés insulaires voulant demeurer libres de leur destin et s’appuyant sur l’expérience des savoirs traditionnels.
    Elles dégagent une orientation centrale pour le développement durable d’atolls situés en première ligne du risque climatique : éviter, dans un contexte de crise, que deux conceptions de la résilience, celle de la vision locale et celle des États, ne s’affrontent pour devenir antagonistes.

    Tamatoa Bambridge, directeur de recherches au CNRS, anthropologue au CRIOBE de Moorea, s’est spécialisé dans les questions foncières dans le monde polynésien.
    Jean-Paul Latouche, ethnographe au CNRS, a pu étudier pendant plusieurs années sur le terrain l’organisation socio-politique et l’histoire ancienne et contemporaine de Kiribati.

    Quelques cartes de l'ouvrage :
    Carte des Kiribati

    Carte des îles Tuamotu
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  • 1 January, 2017
    TimeBook 2017

    TimeBook 2017

    Time Book 2017 de Hélène de Virieu, Daniel Garcia, Matthieu Recarte, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Les Arènes.Time Book 2017
    Note de l'éditeur :
    Le Time Book, c’est quoi ?
    250 dates à noter dans votre agenda pour 2017, les grands rendez-vous culturels, économiques, scientifiques, politiques.
    12 grands entretiens avec des penseurs, philosophes, géographes ou astrophysiciens… qui regardent l’avenir, voient clair et loin.
    Des centaines d’éclairages variés, des chiffres clés, des infographies pour comprendre le monde tel qu’il va.

    Un livre qui donne le goût de demain

    Une vraie mine d'or ce livre. La maquette et les infographies de Quintin Leeds sont superbes. On a envie de se plonger en 2017 avec une grosse envie d'apprendre et de partager. Société, géopoilitique, sciences et culture, cet objet non identifié est un bijou. - Le Cartographe


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  • 30 December, 2016
    XXI - N°36

    XXI - N°36

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI. L'information grand format. Avec toujours Quintin Leeds et Sara Deux à la Maquette !
    Couverture du n°36 (Automne 2016) de la revue XXI
    XXI 36

     
    Éditorial :
    Au début des années 1990, l’expression « spectacle vivant » s’est imposée pour qualifier le théâtre, les concerts, le cirque, l’opéra, la danse ou les spectacles de rue. Autant de formes d’art qui offrent des sensations distinctes de celles, tout aussi intenses et fortes, que l’on peut éprouver au cinéma, devant un écran ou en écoutant de la musique enregistrée.
    C’est en référence à cette distinction que nous avons intitulé Les Ateliers de Couthures le « Festival du journalisme vivant ». Il s’agissait de proposer une autre forme d’expression du journalisme et une autre relation entre les journalistes et le public. Pas d’écran ou de papier. Une restitution de choses vues par les témoins et les journalistes, de plain-pied, avec simplicité.
    Dans le Manifeste XXI, il y a deux ans, nous citions le philosophe japonais Uchida Tatsuru : « Ce dont les médias ont besoin actuellement, c’est de chair. Pour que les médias reviennent à la vie, ils n’ont pas d’autre choix que de redevenir des êtres vivants. » Nous avons pu éprouver le sens et la profondeur de son intuition pendant trois jours, au cœur de l’été, dans le petit village de Couthures, au bord de la Garonne.
    Ce que nous avons vécu ensemble, festivaliers et professionnels, lecteurs et journalistes, bénévoles et témoins, de tous âges et de tous horizons, c’est la force de la présence et la nécessité de l’échange. En chair et en os. L’harmonie qui se dégageait de ces trois jours, la lumière, l’intensité, le parfum de l’air, la beauté de l’éphémère… Tout paraissait simple, loin du lamento sur la crise des médias, la société crispée ou des théories fumeuses sur la mutation numérique.
    Un des participants, Abou Jaffar, a témoigné sur son blog : « J’ai vécu un rêve d’analyste, un moment rare de pure plénitude intellectuelle. Sans cesse sollicité, défié, stimulé, au contact permanent d’esprits passionnés, je sors de ce séjour presque comme on sort d’une expérience spirituelle. En quelques heures, au soleil, au cœur d’un village transformé en un “think tank” géant, j’ai plus réfléchi, appris et douté qu’en bien des mois […] Ce rassemblement d’intelligence collective m’a rassuré sur nous, notre résilience, notre capacité à chercher des réponses, même douloureuses, même imparfaites. La richesse des échanges de ces jours et de ces nuits m’a convaincu que, tous, nous n’écrivons pas pour vous mais grâce à vous. »
    Pourquoi les intervenants ont-ils été aussi attentifs et les festivaliers aussi talentueux ? Un observateur malicieux a évoqué deux références. D’abord les Rencontres du Contadour, organisées dans les années 1930 par Jean Giono, un lieu de rencontres rituelles dans un hameau de montagne, rassemblant des poètes, des écrivains, des philosophes et des lecteurs : écouter de la musique, partager ses lectures et se promener en refaisant le monde… Ensuite, L’An 01, une BD de Gébé parue dans la foulée de Mai 68 et enrichie pendant quatre ans par les propositions des lecteurs, puis adaptée en film par Jacques Doillon, dont le sous-titre était : « On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste. » La BD racontait l’utopie d’un monde où tout serait questionné et remis à zéro.
    Nous vivons des temps de métamorphose, où les structures horizontales et pyramidales implosent, tandis que les médias s’affolent, sans boussoles. Smith Henderson, un écrivain américain, témoignait de cette perte de sens dans Libération : « Il suffit qu’un pseudo-expert soulève une polémique sur les réseaux sociaux pour que les télévisions s’en emparent et viennent lui demander d’en parler lui-même dans les talk-shows du soir. L’absurdité initiale de la polémique n’a bien sûr aucune importance : “Les gens en parlent”, par conséquent le sujet mérite d’être débattu jusqu’à la lie. Les bonds d’audience enregistrés par ces émissions les rendent irrésistibles. » Il est temps de dire « stop » et de proposer autre chose.
    Le Festival international du journalisme vivant est une utopie incarnée. À nous et à vous de la faire vivre, croître et s’enrichir. Nous avons quelques idées. Mais nous avons aussi besoin des vôtres. Pour XXI, l’été 2016 marque un point de départ vers de nouvelles aventures, à imaginer ensemble.
    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Site internet
    de la Revue XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-36
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  • 19 November, 2016
    Allemand en France

    Allemand en France

    Comme un allemand en France ; Lettres inédites sous l'occupation 1940-1944 de Jeanne Guérout, Aurélie Luneau et Stefan Martens, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions L'Iconoclaste.


    Comme un allemand en France

    Note de l'éditeur :

    "Les Français ne bossent pas comme des imbéciles comme nous, ils prennent le temps pour tout et semblent, personnellement, plus heureux." Gottfried S. à sa femme, Lotte, 23 Mai 1941

    Ils sont 80 000 en 1941, près d’un million à la veille du débarquement en juin 1944. Issus de tous les milieux et de toutes les régions, certains quittent leur foyer pour la première fois. Cinq années durant, ces allemands qui occupent la France écrivent à leur familles, se confient à leurs journaux intimes, croquent leur quotidien dans des calepins, photographient les paysages.

    Avec le temps, leurs sentiments évoluent. Les lettres des premiers mois se veulent rassurantes, et même fanfaronnes ; peu à peu, le doute s’installe. Certains ont une foi absolue en Hitler. D’autres, tel le jeune soldat Heinrich Böll, futur prix Nobel de littérature dont les lettres sont traduites pour la première fois, sont gagnés par l’empathie et tissent des liens avec les Français.

    Il a fallu deux années de recherche en Allemagne pour trouver, sélectionner et rassembler ces écrits complètement inédits en France. Ils renouvellent de manière passionnante notre regard sur cette période. Entre les lignes se dessinent un nouveau visage de l’Occupant, plus complexe, plus subtil.

    Sous la plume des Allemands, une autre guerre nous est racontée.

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  • 27 June, 2016
    Les Amazoniens

    Les Amazoniens

    Les Amazoniens en sursis, de Nicolas Bourcier, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.
    Les Amazoniens en sursis
    Note de l'éditeur :
    L’Amazonie se meurt. On connaît l’antienne, mais elle prend une dimension dramatique depuis une quinzaine d’années. Déforestation, front agricole, garimpeiros, barrages, routes, trafics en tous genres, réforme du code forestier, modification des droits d’exploration minière… jamais les saignées n’ont été aussi profondes et menaçantes. Certains peuples indigènes résistent, d’autres dépérissent peu à peu ou se fondent dans une urbanisation effrénée et homogénéisante. Quant aux caboclos, ces métis à l’identité insaisissable et qui forment la plus grande communauté amazonienne, ils rappellent qu’ils ont, eux aussi, besoin de la nature pour survivre. Ce monde amazonien laisse entrevoir l’image inquiétante d’une grande plaie ouverte, comme un mal contagieux infectant lentement mais sûrement la planète tout entière. Une terre en proie à des bouleversements d’une ampleur inédite mais qui porte encore, et à chaque instant, l’humanité en apprentissage. Pour combien de temps ?

    Nicolas Bourcier, a été correspondant au Brésil du journal Le Monde, où il occupe désormais le desk Amérique du nord.

    Dans la même collection :

     Collection Lignes de vie d'un peuple

    La couverture est de la photographe et graphiste Céline Boyer (Série " Empreintes").

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  • 28 May, 2016
    XXI - N°34

    XXI - N°34

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI. L'information grand format. Avec toujours Quintin Leeds et Sara Deux à la Maquette !
    Couverture du n°34 (Printemps 2016) de la revue XXI
    Couverture du n°34 (Printemps 2016) de la revue XXI
    Éditorial :
    Pour la quatrième fois depuis la création de XXI, Emmanuel Carrère participe à un numéro, sans oublier d’ajouter son reportage sur La Vie de Julie pour le n° 1 de 6Mois.
    Ce compagnonnage est précieux. Pour des raisons sentimentales d’abord. Emmanuel est le premier auteur à qui nous ayons parlé de XXI, le premier à avoir dit « banco » sur un coin de table. Ainsi est né son reportage sur Le Dernier des possédés, à l’origine de son grand livre sur Édouard Limonov.
    Il est aussi celui qui a suspendu l’écriture d’un roman pour filer en Californie sur les pas d’une junkie inconnue et d’une photographe tout aussi anonyme, Darcy Padilla, juste après que nous lui avons montré sur un ordinateur un portfolio en vrac.
    Emmanuel Carrère a une vertu qui n’est pas si courante chez les écrivains qui pratiquent le journalisme : il énonce les choses sans emphase. Chez lui, la forme ultime est simple à force d’être juste. À une époque où les opinions volent bas, il pratique le journalisme en cherchant continuellement à corriger par l’expérience vécue ce qu’il pensait avant de partir, au lieu de plaquer sur le réel des idées préconçues. Il refuse de se servir d’un reportage pour expliquer au lecteur ce qu’il faut en dire.
    La langue est un outil à la disposition du journaliste qu’il utilise avec plus ou moins de bonheur, de talent ou de liberté. La rédaction de brèves, la rubrique des chiens écrasés, la chronique, l’éditorial, le reportage, l’entretien ou l’enquête… Il n’y a pas de hiérarchie, de castes ou de label qui vaille.
    Auteur de livres couronnés par les prix littéraires d’automne et acclamés par la critique, Carrère estime que « le journalisme fait partie de la littérature comme la tragédie, le sonnet, le roman, l’essai ». Carrère refuse de s’inscrire dans une école. Il n’aime pas les étiquettes qui tentent, de manière plus ou moins acrobatique, de faire du journalisme littéraire une aristocratie qui s’attaquerait à des sujets nobles, avec une technique romanesque et un parti pris subjectif à outrance, comme ce que l’on a appelé « nouveau journalisme » et « journalisme gonzo » dans les années 1970, « creative nonfiction » aujourd’hui.
    Il revendique au contraire la pédagogie comme une vertu littéraire. « Je crois être capable de m’intéresser à tout, de la confection d’un pot de yoghourt aux rouages des crédits à la consommation, en passant par les boîtes de nuit à Moscou dans la Russie postsoviétique. Je ne veux pas tabler sur la connaissance du lecteur. L’explication doit venir dans le texte très naturellement sans qu’on ait l’impression que je fais un cours. C’est très délicat à faire et j’aime le faire. »
    Les lecteurs de D’autres vies que la mienne se souviennent des pages sur le surendettement qui permettaient de comprendre le travail des juges Étienne Rigal et Juliette Devynck. Rendre clair et accessible un réel compliqué est une gageure plus ardue qu’avoir recours à des artifices de fiction.
    D’où vient son attrait pour le journalisme, au point d’avouer qu’il « ne sait plus écrire que ce qui s’est passé » ? La saveur que procure le sentiment d’être à sa place en racontant la vie des autres. « Il y a un mystère que la fiction ne pourra jamais livrer là où, dans ce qui est documentaire, persiste une forme d’opacité du réel […] Il y a quelque chose du journalisme qui me paraît être aussi un lieu de l’intégrité, où l’on a à répondre de ce que l’on dit. Avec le réel, on engage vraiment sa responsabilité. »
    Il y a bien sûr chez lui un côté « faraud », qui lui joue parfois des tours et dont il se moque. Mais Emmanuel Carrère s’interpose d’abord entre le lecteur et le réel pour ne pas outrepasser ses droits. Il se refuse à imaginer ce qu’il se passe dans la tête d’autrui. Ce qu’il ressent, en revanche, lui appartient. Après toutes ces années d’écriture et d’aventures littéraires, il sait où il est. Aussi nous aimons bien quand Emmanuel Carrère s’interpose dans les pages de XXI. Il y est chez lui, avec vous.
    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Site internet
    de la Revue XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-34
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  • 19 May, 2016
    Oser... et réussir

    Oser... et réussir

    Oser... et réussir, 75 aventures d’entrepreneurs dans l’Afrique de CFAO 1852-2016 de Raymond Lehideux-Vernimmen. Cartographie de Alexandre Nicolas aux Éditions l'Harmattan.
    Oser... et réussir de Raymond Lehideux-Vernimmen
    Note de l'éditeur :
    75 aventures authentiques.
    Tous les récits recueillis par Raymond Lehideux-Vernimmen sont authentiques. Ils émanent d’écrits inédits, rédigés par des entrepreneurs pour leur sphère privée : enfants, familles, amis…  Plusieurs de ces familles ont confié ces chroniques à l’auteur, à fin de publication. Les témoignages les plus contemporains sont le fruit d’interviews exclusives que Raymond Lehideux-Vernimmen a menées en France, en Europe et en Afrique, au cours des cinq dernières années. Ils couvrent le début du XXIe siècle et la dernière partie du XXe. Certains mettent en scène des personnalités notoires, d’autres d’illustres méconnus. Mais tous sont haletants, et complémentaires les uns des autres.    
    40 pays couverts  De l’Algérie à l’Afrique du Sud, du Sénégal aux îles de l’océan Indien, une quarantaine de pays et territoires forment le cadre de ces aventures d’entrepreneurs.  Le cœur du Continent n’est pas absent de cette épopée collective, loin s’en faut : le golfe de Guinée, le Gabon, le Congo, la RDC, la Centrafrique, le Sahel, les Grands lacs, l’Ouganda, le Kenya, le Malawi… participent pleinement à la mise en lumière de l’Afrique vivante, dans toute sa diversité.
    L’Histoire mise en perspective.
    La présentation des chroniques individuelles suit le cours de la « grande » Histoire. Mais de l’Histoire vue d’Afrique, vécue en Afrique par ses acteurs de terrain. Cette perspective inédite est totalement différente de celle que les écoles enseignent.
    Les bouleversements à portée planétaire (guerres mondiales, krachs boursiers, guerre froide…), et les renversements à portée locale (indépendances, dévaluations, coups d’Etat…) s’entrechoquent dans la vie quotidienne des entreprises qu’ils affectent. Raymond Lehideux-Vernimmen prend soin de situer ces événements, les uns par rapport aux autres, afin de bien faire comprendre les ressentis des entrepreneurstémoins.
    L’auteur met également en relief l’impact des innovations qui sont nées des grandes ruptures de l’Histoire : accélérations technologiques, raccourcissements des temps de transport, métamorphoses des télécommunications et mondialisation du commerce. Au sortir de chaque période de conflit, ces révolutions ont galvanisé la créativité des entrepreneurs et dopé le développement de l’Afrique.
    300 entreprises et 350 personnalités citées.
    De A, pour Aéromaritime ou Africa on Line, à Z, pour Zodiac, plus de 300 entreprises et organismes sont cités dans ce livre. Vous les retrouverez facilement grâce à un index alphabétique. De même, 350 personnalités africaines et internationales sont mises en lumière et répertoriées dans un second index.

    Présentation de l'auteur : Publicitaire et homme de média, passionné de l'Afrique, Raymond Lehideux-Vernimmen a partagé sa vie professionnelle entre la France, l'Europe et le continent noir, où il s'est expatrié à trois reprises.
    Pour le compte de grands groupes anglo-saxons, ses activités y ont couvert 31 pays. Il y a créé et dirigé plusieurs entreprises, avant de rejoindre CFAO - de 2002 à 2008 - afin d’y mettre en place sa Direction de la Communication. Il a formé de nombreux Africains à ses métiers, en tant qu’employeur, enseignant vacataire en grande école, conférencier, consultant et Conseiller du Commerce extérieur de la France.

    Oser... et réussir carte
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  • 18 May, 2016
    Royaumes d’aventure

    Royaumes d’aventure

    Royaumes d’aventure. Ils ont fondé leur propre État de Bruno Fuligni, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Les ArènesRoyaumes d’aventure
    Note de l'éditeur :

    Les destins incroyables d’hommes qui voulurent être rois.

    Avez-vous déjà visité le royaume de Redonda, les principautés de Seborga, de Hutt River ou de Sealand, la république de Counani, le Liberland, le royaume de Bir Tawil ou encore l’État gay et lesbien de Cato ?

    À côté des États universellement reconnus, un univers insoupçonné reste à explorer : le monde des micronations, avec leurs drapeaux, leurs monnaies, leurs gouvernements autoproclamés. Des royaumes pirates du XVIIIe siècle aux pays virtuels sur Internet, cet atlas vous invite à un fabuleux voyage dans l’espace et dans le temps, à la découverte de quatre cents pays mystérieux et secrets :

    Des îles lointaines, où marins, flibustiers, naufragés sont devenus rois ; Des empires éphémères, constitués par des aventuriers en marge de la conquête de l’Ouest et de la colonisation ; Des enclaves oubliées, permettant à des intellectuels astucieux de proclamer l’indépendance de leur village, de leur quartier, de leur maison, voire d’un territoire artificiel ou immatériel. Autant d’histoires authentiques et foisonnantes, toutes orientées vers ce grand rêve de liberté qu’exprime aujourd’hui le phénomène micronational.

    Bruno Fuligni, écrivain, historien, haut fonctionnaire, maître de conférences à Sciences Po, a publié dix-huit livres sur l’histoire politique et policière française. Après avoir dirigé Dans les secrets de la police et Dans les archives inédites des services secrets (L’Iconoclaste), et signé Le Livre des espions (L'Iconoclaste), il vient de publier Secrets d’État chez le même éditeur.

    Carte des micronations d'hier et d'aujourd'hui
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  • 16 May, 2016
    Avignon Off

    Avignon Off

    Réinventer une utopie, Le Off d'Avignon de Joël Rumello. Préface de Daniel Mesguich, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Atelier Henry Dougier HD.
     
    Réinventer une utopie, Le Off d'Avignon de Joël Rumello
    Note de l'éditeur :
    Un chiffre résume la démesure du Off d'Avignon : 1 336. C'est le nombre de spectacles présentés chaque jour, pendant trois semaines, lors de la dernière édition. Cette profusion inouïe tient à la nature même de ce festival né voilà cinquante ans du geste de révolte d'un artiste avignonnais, André Benedetto, qui décida de jouer sa propre création en marge du prestigieux festival de Jean Vilar. Beaucoup l'imitèrent, toujours plus nombreux au fil du temps, dans un esprit d'abord libertaire puis se pliant progressivement aux lois du marché...
    Dans le Off d'Avignon, vient qui veut, vient qui peut, car ce sont les artistes qui paient pour jouer. Comme dans un salon professionnel, le public en plus, ils cherchent à séduire les programmateurs venus de la France entière et à assurer la diffusion de leur spectacle, voire leur survie. Une chance pour certains, un miroir aux allouettes pour beaucoup, tant la concurrence entre compagnies est devenue féroce et le business omniprésent...
    Mais comment réformer un festival anarcho-capitaliste que personne ne dirige et dont personne ne contrôle la croissance débridée ? Comment y mettre en oeuvre des politiques culturelles au service des artistes ? Avant de tracer quelques pistes pour sortir de cette jungle, il fallait d'abord raconter la genèse de ce festival né d'une utopie, décrire ses mutations successives, rencontrer ses acteurs et comprendre les logiques qui s'y affrontent. Et pour la première fois, un ouvrage retrace cette histoire et tente de saisir le Off dans toute sa complexité, en le considérant non pas comme un appendice du In mais comme un phénomène unique en France.
    Carte : Avignon, Le Off en carte
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  • 11 May, 2016
    Mont Thabor & Co

    Mont Thabor & Co

    L'association « Tour du Mont Thabor » nous a confié la réalisation d'une carte regroupant l'ensemble de ses refuges. Réalisée sous la direction du directeur de l'association, elle est destinée à être largement diffusée au sein des refuges et des offices de tourisme. La carte met en avant une fantastique randonnée de plusieurs centaines de kilomètres reliant ces différents sites d'altitude entre la France et l'Italie et trois régions : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes et Piémont.. Une belle manière de découvrir cette partie des Alpes occidentales par la marche et la bonne humeur des gardiens des refuges et des gîtes.
    Pour plus d'informations concernant les réservations et les multiples randonnées à faire, je vous invite à découvrir leur site internet (http://www.refugesclareethabor.com).
    Carte : Les refuges de l'association Tour du Mont Thabor
    Les refuges de l'association Tour du Mont Thabor

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