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anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

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AUTEUR

Paysages de neige et de glace, exposition de gravures des années 1830-1860. Organisée et commentée par Olivier Joseph.

Cette exposition a eu lieu durant 3 mois dans la Chapelle des Pénitents de Vallouise dans les Hautes-Alpes (05) au printemps 2015.

Affiche de l'xposition - Vallouise

 

Dans la première moitié du XIXe siècle, des artistes français et anglais dirigent leurs pas vers le Briançonnais et la Vallouise. Ils en dessinent les vallées, les villages et les sommets. Puis ils mettent au net leurs esquisses et les publient sous forme de gravures, dans des livres destinés aux premier touristes.

Moins d'une centaines de gravures représentant le nord des Hautes-Alpes et l'Ubaye sont connues. Parmi elles, quelques-unes, rares, montrent des paysages de neige et de glace. Ce sont celles que vous allez découvrir à travers ce billet et que l'on peut admirer en grande taille dans cette exposition.

Carte des lieux représentés dans les gravures

Carte des lieux représentés dans les gravures

 

Victor Cassien (1808-1893)
Gravure : le Village de Livet (Romanche-Isère)
Album du Dauphiné, Grenoble, 1835-1839

Victor Cassien - Village de Livet

 Dans les années 1830, Victor Cassien et Alexandre Debelle dirigent leurs pas sur les chemins et les routes de l’ancienne province du Dauphiné. Artistes grenoblois, ils visitent les villes et les villages à la recherche des monuments, souvent en ruines, de l’ancienne province du Dauphiné.

De leurs pérégrinations artistiques, ils rapportent des centaines d’esquisses qui, une fois lithographiées, sont réunies en un livre composé de quatre forts volumes et intitulé : Album du Dauphiné ou Recueil de dessins représentant les sites les plus pittoresques, les villes, bourgs et principaux villages; les églises, chateaux et ruines les plus remarquables du Dauphiné, avec les portraits des personnages les plus illustres de cette ancienne province ; ouvrage accompagné d'un texte historique et descriptif.

Cassien et Debelle participent du grand mouvement des « itinéraires pittoresques » qui voient des historiens, des romanciers – Victor Hugo et Prosper Mérimée… – et des artistes représenter les ruines de l’ancienne France, héritées du mouvement destructeur de la Révolution, mais aussi, et peut êtresurtout, de la Restauration qui cherche la nouveauté et ne s’encombre guère de l’ancien. Ces représentations de l’ancienne France ont comme ambition d’en préserver la mémoire et de les sauvegarder.
Dans l’Oisans et le Briançonnais, les ruines sont peu nombreuses. Ce sont surtout des villes et des villages qui sont représentés, des paysages aussi. Dans la vallée de la Romanche, les hautes falaises, les cascades puissantes, les gorges sombres impressionnent les artistes. Plus haut, au-delà de Bourg d’Oisans, ce sont les travaux de la nouvelle route du Lautaret qui retiennent leur attention.
Cette vue du village de Livet est la seule montrant l’hiver et la neige dans la Romanche. Elle laisse aussi découvrir un paysan et ses vaches, ainsi qu’un marcheur transi de froid.
Au coeur de cette nature qui impressionne, la présence humaine est permanente : les ruines de l’ancienne France sont aussi des paysages humains.

 

 Victor Cassien (1808-1893)
 Gravure : Château Queyras
Album du Dauphiné, Grenoble, 1835-1839

Victor Cassien - Château Queyras

Posé sur piton rocheux dominant le Guil et verrouillant la combe du Queyras, véritable ni d’aigle, le château impose sa silhouette aux voyageurs. C’est un des monuments les plus représentés dans les gravures des Alpes du Sud du XIXe siècle. Mais celle de Victor Cassien est la seule à le montrer sous un manteau neigeux.
Hérité de la politique médiévale des Dauphins de mise en défense des hautes vallées, Château Queyras a traversé les siècles, et affronté bien des périples guerriers sans sourciller. Lors de l’invasion du duc de Savoie et de ses alliés, en août 1692, la petite garnison française a tenu tête victorieusement à plusieurs milliers d’hommes des régiments protestants venus se venger de la Révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV. Quelques semaines plus tard, à l’automne 1692, Vauban et ses ingénieurs imaginèrent et mirent en oeuvre des travaux qui donnèrent à la petite forteresse son allure définitive.

En cet hiver de la décennie 1830, Victor Cassien fait vivre le paysage en installant deux soldats, ou deux douaniers au pied du fort. La scène est dans l’air du temps : depuis le Traité d’Utrecht organisant, en 1713, la cession des vallées briançonnaises d’outremont à la Savoie, et le rattachement de l’Ubaye à la France, la militarisation des vallées et des crêtes alpines est une réalité qui va en augmentant. Pour les rois de France, comme pour les ducs de Savoie, puis les rois de Piémont-Sardaigne, il s’agit d’interrompre un mouvement commercial important qui, depuis des siècles, irrigue les deux états, et fait prospérer les vallées alpines, dont celles du briançonnais et du Queyras.
Dans la scène dessinée par Victor Cassien, il manque pourtant un acteur majeur de cette confrontation militaire et commerciale entre France et Piémont : le contrebandier queyrassin. Peut être se cache-t-il quelque part dans la gravure ?

 

Victor Cassien (1808-1893)
 Gravure : Village de Choranche (Vercors - Isère)
Album du Dauphiné, Grenoble, 1835-1839

Victor Cassien - Village de Choranche

Dans la plupart des gravures du Briançonnais et des Alpes du Sud figurent des personnages, seuls ou en groupes : bergers, paysans, muletiers, cavaliers, militaires… Ils présentent des attitudes stéréotypées : cela peut s’expliquer par le fait qu’ils ne figurent pas sur les esquisses des dessinateurs et qu’ils sont souvent rajoutés par le graveur, au dernier moment. Quant aux enfants, ils sont rarement représentés dans les gravures du XIXe siècle. Lorsqu’ils le sont, ils sont seuls, accompagnés d’un adulte qu’ils suivent, qu’ils regardent ou auquel ils obéissent.
Cette gravure de Victor Cassien est exceptionnelle : elle montre un groupe d’une vingtaine d’enfants glissant de bon coeur sur des luges fidèlement représentées. La multitude des détails – bonnets, casquettes… – et les attitudes variées et spontanées des enfants indiquent qu’une telle scène a été vécue par Victor Cassien.

Bien loin des discours du XIXe siècle qui enferment les montagnards et leurs enfants, six mois d’hiver durant, dans leurs étables, cette joyeuse sarabande d’enfants témoigne de leur familiarité avec la neige ; abondante en ce XIXe siècle, elle n’est pas un poids, ni un obstacle. Hier, comme aujourd’hui, les enfants des montagnes sortent pour s’amuser dès qu’il neige !

 

William Brockedon (1787-1854)
 Gravure : Le col du Stelvio (Italie)
Illustrations of the Passes of the Alps, Londres, 1828

William Brockedon - Le col du Stelvio

Entre 1824 et 1829, William Brockedon parcourt et traverse les Alpes à dix-huit reprises. Peintre talentueux, il est curieux de cet univers de vallées et de sommets. Mais avant toute chose, il est à la recherche de la route empruntée par l’armée d’Hannibal, et ses éléphants, pour aller combattre les légions romaines.

Cette quête sans fin, et sans solution, entraîne cependant Brockedon à la découverte des grands cols alpins. Dans le sillage des armées napoléoniennes, de nombreux cols d’altitude sont devenus des routes modernes dont l’audace des tracés, des galeries et des ponts jetés sur les abîmes impressionnent les voyageurs et leurs lecteurs.

Les historiens le savent : les cols n’ont jamais été des obstacles. Bien au contraire ! Depuis des temps immémoriaux, ils sont fréquentés en toute saison par des paysans, des militaires, des juristes, des percepteurs d’impôts, des clercs et des marchands. Au début du XIXe siècle, l’ampleur des guerres et l’accélération des échanges entraînent la modernisation des grand cols : Simplon, Mont-Cenis, Mont-Genèvre, Lautaret

La gravure du col du Stelvio (2758 m) montre des rambardes de bois installées afin de garantir la sécurité des voyageurs. Mais elle montre surtout que la neige ne saurait arrêter longtemps les passages et les échanges. D’ailleurs, dans les gazettes de Lyon, de Turin, de Milan ou de Genève, les nouvelles des chutes de neige, de la fermeture et de la réouverture des cols alpins sont rapidement imprimées : elles sont nécessaires à la bonne marche du commerce.
Dans cette gravure, le personnage contemplant le paysage, avec un chien à ses côtés, n’est autre que Brockedon. Il prend un malin plaisir à se glisser dans nombre de ses gravures, marchant, chevauchant, contemplant ou dessinant les paysages grandioses qu’il arpente et qu’il admire.

 

William Bartlett (1809-1854)
 Gravure : tourmente au col La Croix (Queyras)
Les vallées vaudoises pittoresques, Londres & Paris, 1838

William Bartlett - tourmente au col La Croix

William Bartlett représente ici une scène historique se déroulant en 1815. Après la défaite de Waterloo et l’abdication de Napoléon 1er, trois cent soldats blessés de la Grande Armée, soignés dans le Val Pellice par le Vaudois, furent obligés de regagner Briançon à travers le col La Croix et le Queyras. Portés sur des civières par les montagnards piémontais, soutenus pour les plus vaillants, ils furent pris dans une tourmente hivernale, et passèrent le col avec grande difficulté.
Dramatisé pour les besoins de la gravure et du récit, cette scène n’est pourtant pas éloignée de la réalité. À côté des cols principaux, des dizaines de cols secondaires permettent, depuis des temps immémoriaux de franchir les crêtes alpines. Dans le Queyras, les communautés payaient des familles, parfois sur plusieurs générations, afin d’entretenir les cols La Croix et Agnel, et d’en permettre le passage en toute saison. On damait la neige, on posait des croix et des repères, on construisit même un refuge. Et, surtout, on allait relever les morts : bien souvent c’était des voyageurs venus des pays de plaines, sans connaissance du milieu hostile de la montagne hivernale.
La chronique de cette volonté des hommes de garder ouverts les cols, nous est parvenue sous la forme de carnets, vieux de plusieurs siècles, conservant la mémoire de ces faits et gestes : les Transitons. Mais revenons un dernier moment vers cette scène dramatique. La précision du travail du graveur se découvre dans la présence de personnages franchissant le col : ils ne mesurent guère plus d’un millimètres sur l’original. Et pourtant, en quelques traits habiles sur la surface de cuivre, l’artiste a su donner vie à ces voyageurs anonymes pour qui les Alpes étaient un lieu de passage et non une impasse.

 

Léon Sabatier (...-1887)
 Gravure : le lac de l’Eychauda (Hautes-Alpes)
Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Le Dauphiné Paris, 1853

Léon Sabatier - le lac de l’Eychauda

Dans le volume Dauphiné des Voyages pittoresques et romantiques publiés par Isidore Taylor et Charles Nodier entre 1820 et 1878, Léon Sabatier offre à ses lecteurs une véritable excursion en Vallouise, au détour des années 1850.
Depuis le village de la Bessée jusqu’au Pré de Madame Carle, puis au lac et au col de l’Eychauda, il est le premier à montrer les paysages naturels de la vallée à travers 11 gravures. Sabatier n’est cependant pas le premier à parcourir la Vallouise avec les yeux d’un touriste : les premiers guides du début du XIXe siècle, notamment les guides anglais Baedecker et Murray, proposent des itinéraires conseillant le détour le long de la Gyronde et jusqu’au pied des glaciers Noir et Blanc, puis le passage par le col de l’Eychauda pour gagner le Monêtier.
Les gravures de Sabatier sont imprimées dans un format plus grand que la plupart de celles existantes alors : environ 30 x 45 cm au lieu de 15 x 20 cm.

 La qualité du trait, des détails et des textures ne doit cependant pas égarer : comme souvent, les paysages sont reconstruits par l’artiste. Les proportions sont exagérées, les hauteurs étirées, les largeurs comprimées. Mais qu’importe, le paysage s’impose par sa présence. Et il est reconnaissable.
Cette gravure du lac de l’Eychauda est la plus ancienne connue. Des peintures en couleurs seront produites plus tard, dans les années 1880-1890. Toutes offrent un point de vue dirigé vers la vallée. Seul Léon Sabatier dirige le regard vers le glacier de Séguret Foran dont la langue descend alors jusqu’au niveau des eaux.

 

Léon Sabatier (...-1887)
 Gravure : le Pré de Madame Carle et les glaciers Noir et Blanc (Hautes-Alpes)
Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Le Dauphiné Paris, 1853

Sabatier - Le Pré de Madame Carle et les glaciers Noir et Blanc

Exagérément étirée en hauteur, voici la plus ancienne représentation artistique connue du Pré de Madame Carle et des glaciers Noir et Blanc. La confluence des glaciers n’existe plus depuis les années 1870 ; elle se poursuit au gré des modifications des régimes de précipitations et du réchauffement climatique. Malgré tout, le paysage est aisément reconnaissable.
La jonction des deux glaciers est confirmée par un document scientifique dressé dans les mêmes années : le dessin-minute de la carte de l’État-Major. Durant l’été 1853, avec pour seuls compagnons un guide et un muletier de la Vallouise, le lieutenant Émile Meunier a passé 54 jours à arpenter les vallées, les glaciers et les sommets afin de mesurer et de dessiner ce qui était alors un paysage connu et parcouru par les vallouisiens depuis des siècles ; mesuré et décrit au milieu du XVIIIe siècle par les cartographes militaires ; mais dont les hautes montagnes échappaient encore au regard précis des géomètres de l’État-Major. Cette histoire, méconnue, reste à écrire.

 

Léon Sabatier (...-1887)
 Gravure : le glacier de la Grave (Hautes-Alpes)
Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Le Dauphiné Paris, 1853

Sabatier - le glacier de la Grave

Cette vue d’un glacier au-dessus de la Grave – qui pourrait être celui du Tabuchet, avec vue sur le Bec de l’Homme – est exceptionnelle : à une époque où personne ne parle d’alpinisme dans le massif des Écrins, elle montre deux personnages à la surface du glacier. L’un est courbés de fatigue, l’autre admire les séracs. Alpinistes anonymes dont l’Histoire n’a pas retenu les noms, peut être sont-ils en route vers les sommets environnants…
La précision de la gravure atteste de la présence de Léon Sabatier sur le glacier, dans les années 1850. Elle dévoile la fascination qu’exercent alors les glaciers : fascination esthétique, mais aussi intérêt scientifique. En effet, depuis la fin du XVIIIe siècle, les glaciers sont au coeur de nombreuses questions dans le domaine naissant de la géologie scientifique : les blocs erratiques
découverts loin des glaciers actuels, en Suisse, en France, en Allemagne et jusqu’en Russie intriguent. Et la présence de moraines glaciaires dans les hautes terres et sur les côtes écossaises surprennent.
Plusieurs hypothèses prennent corps. Parmi elles-ci, l’idée que les montagnes aient pu être plus élevées et les glaciers bien plus étendus est sérieusement étudiée. En 1837, le géologue suisse, Louis Agassiz propose une théorie audacieuse : il fut un temps où la Terre était bien plus froide et partiellement englacée. Cependant, cette hypothèse contredit les lois de la thermodynamique : les corps évoluent toujours spontanément d’un état chaud vers un état plus froid. Comment, dans ces conditions, la Terre aurait-elle pu se réchauffer après ces périodes de glaciations ?
Ces énigmes expliquent le déplacement dans les Alpes des savants anglais étudiant les glaciers et les glaciations : Forbes, Tyndall… Il faudra attendre que la physique des glaciers, ainsi que celle des lentes variations de l’orbite de la Terre autour du Soleil, soient mieux connus pour que l’énigme des grandes glaciations soit enfin démontrée et admise.
Dans les années 1850, les glaciers ne sont pas un univers inconnu et terrifiant : ils intriguent et passionnent, avant même le développement de l’alpinisme sportif.

 

Edward Whymper (1840-1911)
 Gravure : le pasteur Félix Neff prêchant dans la vallée de Freissinières (Hautes-Alpes)
Swiss Pictures Drawn with Pen and Pencil, Londres , 1866

 Whymper - le pasteur Félix Neff prêchant dans la vallée de Freissinières

Edward Whymper est connu dans le massif des Écrins et particulièrement en Vallouise, pour ses exploits d’alpiniste : il a découvert la haute montagne en escaladant le Pelvoux (1861), puis en atteignant la Barre des Écrins (1864). Il s’illustre encore, en 1865, en étant le premier au sommet de l’Aiguille Verte ainsi qu’au Cervin. Il réalise la première ascension du Chimborazo, dans les Andes, en 1880.
Mais Whymper est, avant tout, un dessinateur et un graveur sur bois réputé. Ses gravures de montagne et d’escalade illustrent son livre paru en 1871 : Escalades dans les Alpes. D’autres gravures, nombreuses et méconnues comme celle-ci, accompagnent notamment des ouvrages sur les Alpes Suisses.
Pour quelle raison Whymper représente-t-il Félix Neff (1798-1829), pasteur genevois installé dans le Triève, puis dans la vallée de Freissinières et dans le Queyras, entre 1821 et 1827 ?
Comme de nombreux anglais visitant les Alpes au début du XIXe siècle, Whymper est membre d’une église non-conformiste dissidente de l’Anglicanisme : il est baptiste.
Socialement bloqués par le fait qu’ils ne sont pas anglicans, ces représentants des classes moyennes éduquées viennent chercher dans l’exploration géographique, dans la mission vangélique ou dans l’exploit sportif, un reconnaissance à laquelle ils aspirent.

Entre la Suisse, berceau de la Réforme, les vallées Vaudoises situées en Italie derrière les col du Briançonnais, et la présence protestante dans le Queyras et à Freissinières, les lieux de mémoire du protestantisme ne manquent pas.
Cette profusion de gravures anglaises représentant les Alpes du Sud, celles de Brockedon, Bartlett, Monson ou Whymper, est avant tout le témoignage de l’attachement et des liens vivants entre les minorités protestantes anglaises et leurs frères des Alpes du Sud.

 

William Bartlett (1809-1854)
 Gravure : la cascade de Dormillouse (Hautes-Alpes - Freissinières)
Les vallées vaudoises pittoresques, Londres & Paris, 1838

William Bartlett - la cascade de Dormillouse (Freissinières)

William Bartlett est friand de paysages nocturnes éclairés par la Lune. C’est ainsi qu’il dessine la cascade de Dormillouse, mais aussi le lac et le village de la Roche-de-Rame. Les formes noires et lugubres des montagnes contrastent avec le blanc des crêtes baignées de lumière. Malgré la nuit, le mouvement du «peuple des images » ne saurait cesser : voyageur accompagné d’un chien, paysanne guidant une mule et son chargement… les gravures sont vivantes.
Comme ses compatriotes, Brockedon, Monson ou Whymper, Bartlett parcourt les Alpes les yeux grand ouverts, à la recherche des paysages grandioses qu’il présente aux lecteurs anglais. Et comme eux, c’est la présence passée et actuelle des Réformés qui guide ses pas. Dans les Alpes du Sud, ce sont les Vaudois piémontais et leur église qui a traversé les siècles malgré les persécutions, et leurs frères médiévaux de la Vallouise et de Freissinères qui font l’objet de toute son attention.
Ces gravures offrent un regard multiple sur les montagnes du Briançonnais : l’Histoire des Hommes, leurs traces architecturales – fortifications, routes et cols, villages, ponts et tunnels… –, le témoignage religieux et la grandeur des paysages y sont intimement entremêlés.

La présence obsédante des torrents et des cascades a souvent été comprise comme un thème structurant de l’esthétique romantique. Peut être a-t-on oublié d’y voir aussi la représentation d’un savoir géologique en cours d’élaboration : celui de l’histoire naturelle des montagnes, des glaciers et de la Terre qu’élaborent Lyell, Darwin, Forbes, Agassiz, Beaumont
Cette vue de la cascade de Dormillouse n’est pas un paysage de neige, ni de glace. Elle a été dessinée lors d’un voyage estival de William Bartlett. Elle est une invitation à poursuivre la découverte de ces gravures du Briançonnais, du Queyras, de la Vallouise et de Freissinères, à diriger nos regards vers ces paysages anciens, à nous rendre responsables de ce qu’ils deviendront.

 

Texte d'Olivier Joseph - 2015

A lire : Altas des montagnes. Espaces habité, monde imaginés, Xavier Bernier et Christophe Gauchon, cartographie et infographies d'Alexandre Nicolas aux Éditions Autrement (2013)

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Derniers Ouvrages

  • 24 December, 2020
    Kisokaidō et Kuniyoshi

    Kisokaidō et Kuniyoshi

    Catalogue de l'exposition : Voyage sur la route du Kisokaido - De Hiroshige à Kuniyoshi sous la direction de Manuela Moscatiello.
    Réalisation de la cartographie.
    L'exposition (16 octobre 2020 - 17 janvier 2021) est présenté au musée Cernuschi (Paris).

    L'exposition permettra de parcourir en images l'une des routes les plus spectaculaires du Japon : le Kisokaido. Elle rassemblera un ensemble de près de cent cinquante estampes japonaises exceptionnelles, dont certaines seront dévoilées au public pour la première fois. L’exposition permettra de parcourir en images l’une des routes les
    plus spectaculaires du Japon : le Kisokaidō, qui était une des cinq voies du réseau routier créé au Japon durant l’époque Tokugawa (1603-1868). Elle reliait Edo (actuelle Tōkyō), où le shogun avait sa résidence, à Kyōto, siège de l’empereur. Contrairement à la route du Tōkaidō, qui rejoignait l’ancienne capitale en cinquante-trois relais le long de la côte, le Kisokaidō, jalonné de soixante-neuf étapes, traversait l’intérieur montagneux. Il suivait un itinéraire plus long, parfois plus pittoresque et ardu en raison de la présence de neuf cols escarpés.

    Entre 1835 et 1838 le Kisokaidō fit l’objet d’une série d’estampes réalisées par Eisen (1790-1848) et Hiroshige (1797-1858), dont le succès fut considérable. Deux autres séries virent le jour sous le pinceau de Kunisada (1786-1865) et de Kuniyoshi (1797-1861). Elles constituent les deux grandes parties du parcours de l’exposition.

    Catalogue : Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi

    Carte : Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi

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  • 24 December, 2020
    6MOIS - N°20

    6MOIS - N°20

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 15 novembre 2020 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

    6M20 couverture

    Éditorial :

    Obama venait d’être réélu. Fin 2012, nous avions titré notre numéro 4 « USA, nouvelle saison » et ouvert notre triptyque sur cette phrase du premier président afro-américain des États-Unis : « Quiconque vous dit que l’Amérique est en déclin ne sait pas de quoi il parle. » Rêves de puissance, de liberté, d’égalité, recherche du bonheur : une saison de Trump plus tard, nous avons eu envie d’interroger une nouvelle fois ce mythe américain.
    Nos ordinateurs regorgent d’histoires rangées par pays, certaines envoyées par les photographes, d’autres repérées sur Internet, lors de prix ou de festivals. Celle de Bethany Mollenkof nous a saisis par sa justesse. L’Américaine raconte que quand elle arrive quelque part les gens n’imaginent pas que c’est elle « le » photographe. D’abord c’est une femme – elles représentent à peine 15 % des photoreporters ; et en plus, elle est noire. Cette fille du Tennessee, dans le Sud conservateur, s’intéresse aux Noires américaines, leur ventre, leur vie en danger : elles ont trois à quatre fois plus de risque de mourir d’une grossesse ou d’un accouchement que les Blanches. « La communauté n’est pas assez racontée, nous dit-elle. Il faut des histoires. Des histoires tout en nuances. » Ces nuances sont au cœur du projet « Geography of Poverty » du photographe de l’agence Magnum Matt Black. Six ans de travail, 160 000 kilomètres d’asphalte à travers 46 États : ce road trip en noir et blanc, exceptionnel par son ampleur, témoigne d’une pauvreté systémique, ancrée. « Mon pays, dit-il, est très différent des histoires que nous aimons nous raconter. »
    Matt Black et Bethany Mollenkof, s’inscrivent dans une longue tradition de la photographie sociale américaine. Dès les années 1880, Jacob Riis publie dans le Evening Sun des photos des taudis insalubres des ouvriers du Nord – interpellé, le maire de New York fera assainir certains lieux, comme les asiles de nuit. En 1910, Lewis Hine enquête sur les conditions de travail des enfants.
    Ses images indignent le pays, une loi pour la protection de l’enfance est votée. Durant la Grande Dépression qui suit le crash de 1929, la Farm Security Administration, organisme d’État chargé d’aider les fermiers les plus pauvres, envoie des photographes dresser un portrait de l’Amérique en crise. Le but : convaincre de l’utilité des réformes du président Franklin Roosevelt. Parmi eux, des grands noms – Walker Evans, Russell Lee, Arthur Rothstein, Ben Shahn, Dorothea Lange, célèbre pour sa photo de la « mère migrante », ou encore Gordon Parks, l’un des premiers photographes noirs à user de son objectif comme d’une arme pour dénoncer la ségrégation sociale, et raciale.
    Autre époque, près d’un siècle plus tard, c’est une vidéo, tournée par une adolescente, qui révèle l’indicible. George Floyd, Afro-Américain de 46 ans, étouffe au bout de huit longues minutes sous le genou d’un policier. « Le racisme n’est pas en train d’empirer, il est juste enfin filmé », prévenait l’acteur noir Will Smith en 2016. Les chiffres qui affluent des États-Unis embrasés par la colère semblent irréels : les Noirs ont 2,5 fois plus de probabilité d’être abattus par la police que les Blancs ; un Noir sur trois né aujourd’hui risque la prison, pour un Blanc sur dix-sept. Alors que nous bouclions ce numéro, les images de Bethany résonnaient d’un coup. Elle dit qu’elle « fabrique des archives. Les archives sur les femmes et les personnes de couleur ». C’est la force des projets au long cours : leurs histoires font déjà mémoire •
    Léna Mauger

    Carte - Le Cartographe 6Mois
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  • 23 December, 2020
    Les Littoraux

    Les Littoraux

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Les Littoraux (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Annaig Oiry (Maître de conférences en géographie à l’Université Gustave Eiffel de Marne-la-Vallée)

    Couverture de ce numéro (décembre 2020)

    DocPhoto - Les Littoraux
    Les littoraux présentent aujourd’hui des visages variés. Si certains maintiennent une activité de pêche importante, d’autres favorisent le développement du tourisme. Si certains sont devenus des interfaces industrielles intégrées aux grands circuits mondialisés, d’autres restent isolés, marginalisés. La question de la vocation de ces espaces littoraux est liée à des enjeux politiques, géopolitiques, économiques, sociétaux et environnementaux majeurs, abordés ici.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : La piraterie dans le golfe de Guinée en 2018
    Carte : La piraterie dans le golfe de Guinée en 2018
    Carte :
    Les aires marines protégées en Afrique de l'Ouest

    Carte : Les aires marines protégées en Afrique de l'Ouest

    Carte :
    Les Touristes et backpackers en Asie du Sud-Est

    Carte : Les Touristes et backpackers en Asie du Sud-Est

    Carte : Pollutions dans le golfe du Mexique à la suite de l'explotion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon

    Carte : Pollutions dans le golfe du Mexique à la suite de l'explotion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon

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  • 7 October, 2020
    L'Empire Romain

    L'Empire Romain

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : L'Empire Romain (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Pierre Cosme (Professeur d'Histoire romaine à l'université de Rouen, Groupe de Recherche en Hisoire EA 3831 )

    Couverture de ce numéro (octobre 2020)

    L'Empire Romain (CNRS Édition)
    Au Ier siècle av. J.-C., Rome a formé un empire à l’échelle de l’Europe occidentale et de la Méditerranée. Tout en conservant les apparences républicaines, Auguste fonde un nouveau régime politique : le Principat. Il adapte ainsi les institutions romaines aux dimensions de l’Empire. Ce moment politique essentiel ouvre une période de cinq siècles d’unité territoriale autour de la Méditerranée pendant laquelle s’épanouit la civilisation gréco-romaine.
    Ce dossier explore l’Empire romain dans sa diversité, ses évolutions et ses éléments de continuité structurants. Il offre un aperçu de cette société fortement hiérarchisée, reposant sur l’esclavage, mais dans laquelle des affranchis peuvent s’élever à des fonctions parmi les plus hautes de l’État.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : L'empire romain et les nouvelles capitales impériales au IVe siècle
    L'empire romain et les nouvelles capitales impériales au IVe siècle
    Carte :
    Migrations et invasions barbares dans le première moitié du Ve siècle

    Carte : Migrations et invasions barbares dans le première moitié du Ve siècle
    Carte :
    Les provinces romaines à la fin du IIe siècle

    Carte : Les provinces romaines à la fin du IIe siècle

    Carte : Principaux espaces de production et axes commerciaux dans l'Empire Romain

    Carte : Principaux espaces de production et axes commerciaux dans l'Empire Romain

    Carte : Le Portus à Ostie près de Rome
    Carte : Le Portus à Ostie près de Rome

    Carte : Plan de Constantinople
    Carte : Plan de Constantinople


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  • 3 September, 2020
    Guerre du Péloponnèse

    Guerre du Péloponnèse

    L’Histoire de la Guerre du Péloponnèse de Thucydide - préface par Olivier Rolin, traduit par Charles Zevort aux Éditions de l'École de Guerre.
    Cartographie Alexandre Nicolas.

      " L’Athénien Thucydide a écrit l’histoire de la guerre entre les Péloponnésiens et les Athéniens et raconté les divers incidents de cette lutte. Il a commencé son œuvre au début même des hostilités, prévoyant combien cette guerre serait importante, combien plus mémorable que celles qui avaient précédé : il en avait pour preuve les immenses ressources de tout genre avec lesquelles les deux peuples allaient s’entrechoquer, et les dispositions des autres États de la Grèce qu’il voyait ou prendre parti immédiatement, ou méditer dès lors de le faire. C’est là, en effet, le plus vaste mouvement qui jamais se soit produit chez les Grecs ; il embrassa une partie des barbares, et ébranla pour ainsi dire au loin l’univers."

    Ouvrage intemporel, l’Histoire de la Guerre du Péloponnèse conserve toute sa pertinence pour comprendre les dynamiques des forces de  notre époque.
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    Carte : la guerre du Péloponnèse

    Carte : la guerre du Péloponèse

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  • 1 September, 2020
    6MOIS - N°19

    6MOIS - N°19

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 15 mai 2020 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

    6M19 couv

    Éditorial :

    Une enquête sur la santé des photojournalistes ? On pense maladies du grand reporter : tourista, paludisme, voiture piégée, assassinat ciblé. L’état des lieux dressé en juin 2019 par la sociologue Irène Jonas tranche avec un quelconque romantisme et rapproche les photographes des chauffeurs Uber. Le premier risque du métier, dans un univers de la presse abîmé, est le même que celui subi par un ouvrier dans une usine en liquidation, ou en pleine « réorganisation », comme on dit maintenant : perte de sens, burn-out, sentiment de ne pas être respecté, peur de l’avenir. Vient ensuite la pénibilité : les horaires, la flexibilité, le matériel à porter. Puis l’absence de soins. La plupart des photographes cumulent les statuts : autoentrepreneurs, pigistes (payés en salaire), auteurs (cotisant à l’Agessa). En multipliant les régimes, ils sont privés d’un accès correct à la sécurité sociale, aux mutuelles, aux caisses de retraite. Certains comptent sur leur conjoint, ou prient pour ne jamais tomber malade, avoir besoin de lunettes… D’autres repoussent puis oublient un projet de grossesse. D’autres encore vieillissent sans le sou.

    Dans ce paysage sinistré, 6Mois ne fait pas figure de solution. Nous ne paraissons que deux fois par an, trop peu pour assurer des perspectives aux photographes. Exigeants mais humbles, nous savons que nous ne sauverons pas ce métier. Nous ne paierons jamais assez celui qui a passé un an, dix ans, une vie sur un sujet. Carolina Arantes, qui ouvre notre triptyque sur le Brésil, travaille sur l’agrobusiness depuis six ans. Javier Alvarez a régulièrement passé six à huit semaines, entre 2014 et 2019, dans un squat de São Paulo.

    Comment gratifier un tel engagement ? Comment rendre justice à leur travail ? C’est toute notre ambivalence : nous aimons des projets qui ne reposent sur aucun modèle économique. Nous primons la passion, le dévouement, le courage, sans être capables de vraiment les rétribuer. Nous payons honnêtement : autour de 2 500 euros le reportage. Cette somme dépend du nombre de pages publiées, pas du nom du photographe. Qu’il soit un inconnu habitant un village iranien ou une star américaine, nous accordons à chacun la même attention. Et nous défendons leurs projets auprès de vous, lecteurs, avec le même enthousiasme.

    Alors que faire ? À la lecture de ce rapport, on ne doit pas se contenter du constat. Chacun peut, à son niveau, s’engager à participer à la survie d’un photojournalisme aussi remarquable que les femmes et les hommes qui le pratiquent. À 6Mois, nous leur proposons de publier leur projet sur une vingtaine de pages. Nous tentons de coller au plus près de leur démarche. De les guider dans le travail de légendes, d’éclairage, pour faire émerger le sens et la dynamique de leur histoire. Cette année, pour la première fois, nous lançons aussi un prix doté de 10 000 euros et accompagnerons un ou une photographe dans la poursuite de son projet (voir page 305). Cette fois encore, nous encouragerons le souffle, l’engagement.

    Et vous ? Si vous lisez ces lignes, si vous tenez 6Mois entre vos mains, vous faites votre part. Les photographes ne vivent que grâce aux publications qui les rétribuent ; nous ne vivons que grâce à vous, lecteurs. Aucune page de publicité, aucun mécénat. Chaque fois que vous dépensez 26 euros pour cette revue de 300 pages, vous permettez à ces professionnels de mettre une noix de beurre dans leurs épinards. D’aller voir un dentiste. De contracter une mutuelle. De partir en vacances une semaine. C’est rien, n’est-ce pas. Cela aide pourtant à avancer, à se projeter. De notre part à tous : merci

    Carte - Le Cartographe 6Mois
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  • 31 August, 2020
    Des cartes géologiques

    Des cartes géologiques

    La Revue des Vins de France (https://www.larvf.com/) m'a sollicité il y a quelques temps déjà, pour réaliser des cartes géologiques précises. Terroirs viticoles, Vignobles bénéficiant d'une AOC, régions géographiques (Loire, Provence, Alsace...) les territoires à cartographier sont variés. Ces cartes sont conçues grâce à l'expertise de Sophie de Salettes pour la conception et par Le Cartographe pour la réalisation et la charte graphique.

    Ces cartes sont indispensables à la bonne compréhension des vignobles. En France la vigne est implantée sur des sols de nature très différente d'une région à l'autre de l'hexagone. De nombreux types de sols viticoles de profondeur variable sont favorables à la culture de la vigne : sols argilo-calcaires en Bourgogne, sols schisteux à Collioure, sols argilo-calcaires, granitiques ou schisteux en Beaujolais… L’examen visuel et la dégustation des vins issus des raisins vendangés dans les différentes régions viticoles de France a mis en évidence l'influence de la composition du sol sur le cépage, le porte-greffe, la maturation et la qualité des raisins vendangés et au final sur les propriétés organoleptiques  des vins obtenus.

    Voici donc quelques exemples de nos réalisations pour la Revue :
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    Carte géologique de l'AOC Saint-Pourçain
    Carte géologique de l'AOC Saint-Pourçain

    Carte géologique de l'AOC Saint-Nicolas de Bourgueil
    Carte géologique de l'AOC Saint-Nicolas de Bourgueil

    Carte géologique de l'AOC Jasnières
    Carte géologique de l'AOC Jasnières

    Carte géologique de l'AOC Crozes-Hermitage
    Carte géologique de l'AOC Crozes-Hermitage

    Carte géologique de l'AOC Fixin
    Carte géologique de l'AOC Fixin

    Carte géologique de l'AOC Côtes de Provence Sainte-Victoire
    Carte géologique de l'AOC Côtes de Provence Sainte-Victoire

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  • 30 August, 2020
    Humanisme, réformes...

    Humanisme, réformes...

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Humanisme, réformes et conflits religieux (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Denis Crouzet (Professeur d'histoire moderne à Sorbonne Université UMR 8596)

    Couverture de ce numéro (Septembre 2020)

    Humanisme, réformes et conflits religieux
    Grand mouvement de renaissance intellectuelle et culturelle, fondée sur une rupture avec le Moyen Âge, un retour à la culture antique et une fois dans la perfectibilité de l’homme, l’humanisme a nourri les réformes du XVIe siècle dans un contexte d’angoisse religieuse et eschatologique extrême. Dans ce dossier de la Documentation photographique, Denis Crouzet montre le souci de « désangoissement » qui préside aux différentes réformes religieuses et analyse les conflits et la violence déchaîné par la rupture de l’unité chrétienne.

    Carte : La diffusion des réformes religieuses au XVIe siècle en Europe
    Carte : La diffusion des réformes en Europe
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  • 10 May, 2020
    L'Asie du Sud-Est

    L'Asie du Sud-Est

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : L'Asie du Sud-Est (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Marie Gibert-Flutre (Géographe du Vietnam, de l'Asie du Sud-Est, Maître deconférence à l'Université de Paris)

    Couverture de ce numéro (février 2020)

    L'Asie du Sud-Est (CNRS Édition)
    Longtemps perçue comme un espace intermédiaire entre les géants indiens et chinois, l'Asie du Sud-Est est pourtant un monde en soi.
    L'immense variété ethnique, culturelle et religieuse qui la caractérise ne doit pas faire illusion : l'ensemble des pays de l'Asie du Sud-Est sont confrontés à des dynamiques et des enjeux communs dans le contexte de la mondialisation et de la montée en puissance de leur voison chinois. À des degrés divers, ils connaissent des bouleversements et des paradoxes induits par l'émergence.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : Déforestation et essor de l'huile de palme à Bornéo
    Déforestation et essor de l'huile de palme à Bornéo

    Carte : La salinisation du delta du Mékong
    La salinisation du delta du Mékong

    Carte : Coopérations maritimes en Asie du Sud-Est
    Coopérations maritimes en Asie du Sud-Est

    Carte : Conflits maritimes en Asie du Sud-Est
    Conflits maritimes en Asie du Sud-Est

    Carte : Les flux migratoires du sud-est asiatiques
    Les flux migratoires du sud-est asiatiques

     

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  • 6 May, 2020
    Un monde de migrants

    Un monde de migrants

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Un monde de migrants (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Catherine Withol de Wenden (Docteure en science politique, directrice de recherche émérite au CNRS)

    Couverture de ce numéro (septembre 2019)

    Un monde de migrant (CNRS Éditions)
    Depuis 2015, la question des migrations fait l'actualité comme s'il s'agissait d'une réalité nouvelle. Pourtant, elle est une composante essentielle de l'histoire mondiale depuis le XIXe siècle et le peuplement des "nouveaux monde".
    Depuis cette époque, les motivations des migrants n'ont pas changé. Une partie d'entre eux sont des réfugiés, mais l'mmense majorité prend la route pour trouver du travail et construire une vie meilleure.
    Bien que l'immigration légale constitue la majorité des flux, elle est très encadrée et limitée numériquement. Les canditats sont ainsi nombreux à tenter leur chance dans la clandestinité.
    Ce dossier pose les grands enjeux des migrations contemporaines et dissipe un certain nombre de fausses croyances.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : Les flux migratoires dans le monde
    Les Flux migratoires

    Carte : Les réfugiés dans le monde
    Les réfugiés dans le monde

    Carte : Les migrations intérieures et régionales des Chinois
    Les migrations intérieures et régionales des Chinois

    Carte : Les migrations vers la Russie depuis les pays de la CEI
    Les migrations vers la Russie depuis les pays de la CEI

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