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anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

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AUTEUR

Les ascensions oubliées des officiers géographes dans les Alpes du Sud

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La Vallouise en 3D selon les cartes de Bourcet/d'Arçon
Réalisation : Alexandre Nicolas

Une autre histoire des Alpes : les ascensions oubliées des officiers géographes dans les Alpes du Sud
• La carte de Bourcet, 1749-1755
• La carte générale de la France, dite carte de l’État-Major, 1823-1830, 1851-54

Recherches menées par Olivier Joseph, Paul Billon-Grand et Alexandre Nicolas, cartographe (France)
Eugenio Garoglio (CeSRAMP – Université de Turin)
Contact : Olivier Joseph – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 06 88 56 61 95

C’est à l’occasion de la commémoration du 150ème anniversaire de l’ascension de la Barre des Écrins, en 2014 sous l’égide de l’office de promotion de la communauté de communes du Pays des Écrins (Destination Écrins, Hautes-Alpes), de l’Office de Tourisme de la Vallouise, du Parc national des Écrins et de la Compagnie des guides Oisans-Écrins, qu’Olivier Joseph et Paul Billon-Grand se sont intéressés, le premier en historien, le second en toponymiste, aux événements ayant précédé cette ascension importante dans l’histoire de l’alpinisme.

Située au cœur des massifs des Écrins et de l’Oisans (Hautes-Alpes et Isère), la Barre des Écrins est une montagne de 4102 mètres d’altitude qui était, jusqu’au rattachement de la Savoie à la France (1860), le plus haut sommet français. Les Écrins forment une vaste montagne glaciaire dans leur face nord, où prend naissance la Glacier Blanc. L’ascension jusqu’à l’altitude de 4000 mètres se fait sans difficulté majeure : seuls les 100 derniers mètres, sur une face verglacée et sur une arête aérienne sont plus délicats, mais néanmoins accessibles. 

Son ascension, le 25 juin 1864, par une cordée composée d’un guide français, Michel Croz, d’un guide suisse, Christian Almer, et de trois alpinistes anglais, Adolphus Warburton Moore, Horace Walker et Edward Whymper, marque une date importante. Elle fait entrer le massif des Écrins dans l’histoire de l’alpinisme sportif.

Alors même que les deux récits de Whymper et de Moore ne mentionnent jamais le fait que cette ascension ait été une première, les compilations anglaises puis françaises ont attribué très rapidement à la cordée de Whymper le mérite de la première ascension.

En portant nos regards sur les décennies précédant cette ascension, en reprenant à frais neuf les récits et les archives des personnes qui ont fréquenté ce massif de haute montagne entre les XVIIe et XIXe siècles, nous sommes allé de surprise en surprise. Nous avons non seulement compris l’ampleur des travaux conduits sur le terrain par les officiers-géographes aux XVIIIe et XIXe siècles, mais nous avons aussi retrouvé les traces de leurs exploits scientifiques et sportifs. Et nous commençons à comprendre les mécanismes qui ont conduit à l'oubli de ces ascensions, alors même qu'un des plus importants alpinistes anglais en a donné les clés.

Les ascensions de 1750-51

Les minutes originales de la carte de la frontière des Alpes dauphinoises (Service Historique de la Défense – J 10 C 512 et 516), établie entre 1749 et 1755 sous la direction de Pierre-Joseph de Bourcet, ingénieur militaire, sont un chef d’œuvre de cartographie peu connu. Les minutes originales, aquarellées, sont dessinées au 1/14 400e. De très nombreux détails y figurent : maisons, cabanons, chemins, rivières, etc.
Extrait de la carte de Bourcet (Briançon)
Extrait de la cart de BourcetNous avons eu la surprise de découvrir, sur les feuilles représentant le Queyras, que Bourcet et ses officiers avaient très vraisemblablement escaladé le Viso (3 841 m) lors des opérations de géodésie conduites en 1750 ou 1751.

La consultation du canevas géodésique de la carte de Bourcet (S.H.D. – J 10 C 511) a permis d’établir la réalité de cette ascension. En reportant tous les sommets formant les triangles primaires de la géodésie de Bourcet sur un modèle numérique de terrain actuel, nous avons montré que, durant l’été 1750 ou 1751, Bourcet et ses officiers ont bien escaladé le Viso, mais encore le Bric Froid (3 302 m), le pic de Rochebrune (3 320 m), l’Aiguille Noire en Clarée (2 870 m) et le Râteau Ouest (3 769 m). Et au moins cinq autres sommets à l’intérieur du massif des Écrins, dans les vallées adjacentes à celle du Vénéon et de la Bérarde que nous avons encore du mal à identifier, mais qui pourraient être le Jandri, l’Aiguille du Plat de la Selle, le Pic du Says, etc.

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Si les sommets clairement identifiés ne présentent pas de difficultés d’ascensions majeures, ils sont néanmoins situés en haute altitude et exigent des personnes qui les gravissent, aujourd’hui comme en 1750, de franchir des terrains glaciaires (Râteau), des pentes raides (Viso, Râteau), des ressauts rocheux qui doivent être escaladés avec les pieds et les mains (Viso et surtout Aiguille Noire).

Nous savons, par une série de documents conservés aux Archives Départementales des Hautes-Alpes (E DEP 57 BB 53, pièces justificatives de la trésorerie de la communauté de Vallouise), que les officiers étaient systématiquement accompagnés dans ces ascensions par trois habitants des vallées qui portaient les instruments de mesure, et d’un autre qui les guidaient. D’autres habitants des communautés montagnardes étaient réquisitionnés pour installer sur les sommets des « jalons » : signaux permettant les visées de loin, composés d’un tronc d’arbre de 10 à 15 mètres de hauteur, et d’un drap blanc formant « banière ».
Ces ascensions, qui sont dorénavant les premières connues de ces sommets, ont été de véritables exploits sportifs et scientifiques avant l’heure.
Les ascensions du Viso et du Râteau Ouest par les officiers placés sous le commandement de Bourcet, interviennent respectivement 110 ans et 120 ans avant les premières admises jusqu’à ce jour : 1861 pour le Viso (William Mathews, Frederick William Jacomb, Michel Croz et Jean-Baptiste Croz) ; 1 873 pour le Râteau (Miss Meta Brevoort, W. A. B. Coolidge, Christian Almer, Peter Michel, Peter Bleuer et Christian Roth).
Mais ces deux ascensions majeures ont aussi lieu 35 ou 36 ans avant celle du Mont-Blanc.
C'est dire l’importance de la campagne de géodésie et de cartographie menée sous la direction de Pierre-Joseph de Bourcet au regard de l’histoire de la présence humaine sur les hauts sommets des Alpes.


Les ascensions de 1851-53

Lors de la campagne géodésique et cartographique des années 1851, 1852 et 1853, visant à terminer la Carte Générale de la France – dite carte de l’État-Major – des officiers topographes et cartographes de l'État-Major ont gravi une bonne vingtaine de sommets du massif des Écrins.

Le premier sur les lieux, le capitaine Alexandre Davout, neveu du maréchal d’Empire Davout, secondé par le lieutenant Froester, avait la mission d’établir la géodésie dite du second ordre. Lors de cette campagne, il a gravi l’Aiguille Centrale d’Arves (1852, 3513 m) et, probablement le pic Jocelme (3457 m, 1853, Bonvoisin sur la carte). Pour l’Aiguille Centrale d’Arves, ce ne semble pas être une première : des documents permettent de savoir que des habitants de Valloire y sont monté en 1839. En revanche, pour le Jocelme c’est la première connue et attestée.

Puis, durant l’été 1853, d’autres officiers sont venus dans le massif pour établir la géodésie finale en stationnant sur les points désignés et mesurés préalablement par le capitaine Davout, afin de fixer les limites entre communes permettant de rabouter les cartes du cadastre, mais surtout d’obtenir le maximum d’altitudes et de détails pour dessiner la carte. 

C’est ainsi que, durant l’été 1853, les officiers en charge des derniers relevés topographiques et de la cartographie ont escaladé les sommets suivants :

• le lieutenant Émile Meusnier : la Barre des Écrins (4 102 m), le Pelvoux (3 946 et 3 932 m), l’Ailefroide Orientale (3 847 m), l’Ailefroide Occidentale (3 954 m), Neige-Cordier (3 614 m), les Agneaux (3 664 m), la Pointe Nérot (3 538 m) ; 

• le capitaine Joseph Constant Cousinard : le Bonvoisin (3 480 m) et le Jocelme (3 457 m) ;

• dans le secteur de la Bérarde, le capitaine Louis-Hippolyte Bourgeois : la Tête Nord du Replat (3 342 m), l’Aiguille du Plat de la Selle (3 596 m), le Grand Pic de la Grave (3 667 m), le Jandri, la Tête des Fétoules (3459 m), l’Aiguille des Arias (3 221 m), l’Aiguille d’Entre-Pierroux (3 168 m) et la Cime du Montagnon (2 895 m) ; 

• et, enfin, au sud, le capitaine Courrier : les Rouies (3 589 m) et le Sirac (3 441 m).
Si les documents des années 1851-53 ne permettent pas de donner avec certitudes des dates (mois et jours) pour ces ascensions, les données géodésiques des minutes de la carte finale convergent pour attester la réalité de ces ascensions.

Chaque officier était accompagné d'un muletier et d'un ou plusieurs guides. Payés directement par les officiers sur les sommes qui leur étaient confiées à leur départ de Paris, les noms de ces guides et muletiers n'apparaissent jamais dans les archives – correspondances et mémoires – des officiers de l'État-Major. Seuls des accidents dramatiques permettent de conserver des traces de ces montagnards anonymes. En 1853, le guide du capitaine Vuillemot, chute sous ses yeux dans le Valbonnais : les secours financiers demandés par l'officier permettent d'identifier le guide. Il en va de même pour un guide du capitaine Adrien Durand : foudroyé sous ses yeux dans le Vercors, il est identifié dans les archives.

 

Conclusions… provisoires
Les recherches menées dans les fonds d’archives du Service Historique de la Défense, de l’I.G.N., ainsi que des archives départementales de l’Isère, des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes, permettent de prendre la mesure des opérations sur le terrain nécessaires à la réalisation des cartes de Bourcet (1749-1755) et de l’État-Major (1851-1854 pour les Alpes du Sud). Elles permettent aussi la découverte, à ce jour, de plus de trente ascensions oubliées de sommets majeurs dans les massifs de l’Oisans, des Écrins, dans le Queyras et l’Ubaye. Toutes ces ascensions sont le fruit d’une collaboration sur le terrain des officiers-géographes, des officiers de l’État-Major et d’habitants des vallées, porteurs et guides.

De ces deux opérations cartographiques, celle des années 1749-1755 dans le Haut-Dauphiné est la plus importante au regard de la connaissance historique. Les ingénieurs géographes avaient acquis dès le milieu du XVIIIe siècle, une connaissance fine de la topographie des Alpes du Sud. Les sommets les plus importants, accessibles ou non, visés depuis toutes les points de la géodésie primaire étaient localisés précisément et le niveau des détails dans les zones habitées n’avait rien à envier aux cartes actuelles au 1/25000e. La Barre des Écrins, par exemple, avait été visée et localisée précisément par des triangulations conduites depuis la Vallouise, la haute Romanche et le Vénéon. Contrairement à ce qui a toujours été écrit dans les histoires de l'alpinisme, la Barre des Écrins était connue comme étant le plus haut sommet du massif, et elle était précisément localisée aussi bien depuis la Vallouise que depuis le Vénéon, depuis au moins le milieu du XVIIIe siècle.

La mise en 3D des cartes de Bourcet et d’Arçon, effectuée par Alexandre Nicolas, révèle que les ingénieurs militaires avaient une connaissance, jusque là négligée, du relief : sur la carte de la Vallouise en 3D, les formes et les volumes du Pelvoux, du Pic-Sans-Nom et des Sagnes, apparaissent sans ambiguïté.

Il semble assuré, de plus, que des recherches plus approfondies sur ces mêmes cartes pour les Alpes-Maritimes augmentera le nombre de sommets gravis avant la naissance de l’alpinisme sportif.

Des recherches similaires menées en Italie par Eugenio Garoglio, historien au Centro Studi e Ricerche storiche sull’Architettura Militare del Piemonte de l’Université de Turin, ont permis de découvrir une série d’ascensions oubliées sur des sommets majeurs des Alpes piémontaises. Elles sont intervenues, elles aussi, lors des projets de cartographie militaire des XVIIIe et XIXe siècles. Mais certaines ont pris place avant, parfois bien avant.

Présente lors de la conférence du 14 août à Vallouise annonçant publiquement ces découvertes, Michèle Virol, professeur à l’Université de Rouen, présidente du conseil scientifique du Comité Vauban-UNESCO, spécialiste de Vauban et des ingénieurs militaires aux XVIIe et XVIIIe siècles, a confié ses impressions : « Votre travail est un tour de force qui nous oblige à repenser ce que nous pensions savoir : les montagnes et les littoraux n’étaient ni des blancs de la carte, ni des non-lieux. Il faut poursuivre le travail. »

Quant à Sue Hare, administratrice de l'Alpine Club, elle ne cachait pas son enthousiasme à la fin de la conférence.

Ces découvertes ne sont qu’un début : il nous reste à comprendre de façon fine l’ensemble des opérations sur le terrain des officiers ayant mené ces deux grands projets de cartographie. Il nous reste encore à reconstituer les vies des habitants des communautés montagnardes qui ont accompagné les officiers dans leurs patient travail afin de comprendre qui étaient ces héros anonymes.
Mais d’ores et déjà, nous savons que nos recherches sont une porte grande ouverte sur une autre histoire des Alpes.


Olivier Joseph,
Alexandre Nicolas, Paul Billon-Grand et Eugenio Garoglio

Vallouise, le 15 août 2015.

 

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  • 24 November, 2021
    Iran

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    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Iran, paradoxes d'une nation (CNRS Éditions)
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    Depuis la révolution islamique de 1979, les Iraniens ont traversé des épreuves dramatiques. Ils sont épuisés – et souvent révoltés – par les contraintes qui leur sont imposées à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières, mais l’Iran est un pays émergent et une nation résiliente, toujours dynamique et créatrice. Une nouvelle classe moyenne d’origine populaire, disposant d’une solide formation, est en train d’émerger, sans renier son héritage islamique et national, dans un pays ou interagissent nation, islam et mondialisation.

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  • 21 November, 2021
    Les Climats

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    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Les Climats, une géohistoire (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Philippe Valette (Maître de conférences, Université de Toulouse Jean Jaurès. Geode UMR 5602 CNRS.).

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  • 10 July, 2021
    La Révolution 🇫🇷

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    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : La Révolution française (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Pierre Serna (Professeur d’histoire de la Révolution française et de l’Empire à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Membre de l’Institut Universitaire de France et de l’Institut d’Histoire de la Révolution Française (IHRF), fondé par Jean Zay en 1937/IHMC (UMR 8066).

    Couverture de ce numéro (juin 2021)

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    Proposer une nouvelle lecture de la Révolution française implique un triple pari. D’abord imaginer une nouvelle temporalité, retracer les origines profondes de l’événement dans la période moderne et esquisser sa postérité sur la longue durée. Ensuite réévaluer sa spatialité : la Révolution s’insère dans un espace atlantique bouleversé depuis la guerre de Sept Ans. Enfin présenter la particularité de la Révolution de France, laboratoire à la mesure du pays le plus grand et le plus peuplé de l’Europe occidentale, également celui de la monarchie absolue la plus ancienne et qui possède un vaste empire colonial. C’est en construisant un parcours autour des concepts de politisation, mobilisation, participation et agentivité que ce dossier entend relever ce pari.

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    La France, les républiques
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    Pour se procurer ce numéro, c'est ici : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/la-revolution-francaise-2/

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  • 9 March, 2021
    Les transitions

    Les transitions

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Les Transitions (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Stéphanie Beucher (Docteure en géographie, professeure de chaire supérieure en CPGE au lycée Montaigne (Bordeaux), membre de l’équipe de recherche Habiter (Université de Reims Champagne-Ardenne), membre de la chaire Paix économique, École de Management (Grenoble).

    Couverture de ce numéro (mars 2021)

    DocPhoto - Les Transitions
    Transition écologique, transition démographique, transition énergétique, transition politique, etc. : cette étude des « transitions » interroge le changement de nos attitudes face à l’économie, l’écologie, la maladie, nos modes de vie urbains ou non, sans oublier nos manières de consommer, d’aménager nos espaces de vie. Ces transitions renvoient à un ensemble de choix et de stratégies, subis ou choisis, qui engendrent autant de bifurcations vers des avenirs fort différents, selon les voies empruntées tant collectivement qu’individuellement.

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    L'Amazonie entre développement et destruction

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    Carte : L'Arctique, une région aux enjeux entremêlés

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    Carte : Enjeux géostratégiques sur l'espace indopacifique
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    Pour se procurer ce numéro, c'est ici : https://www.cnrseditions.fr/catalogue/geographie-territoires/les-transitions

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  • 2 March, 2021
    Rouge Cochenille

    Rouge Cochenille

    Rouge Cochenille, Histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle de Danielle Trichaud-Buti et Gilbert Buti, cartographie d'Alexandre Nicolas aux CNRS Éditions, 2021.

     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
    Note de l'éditeur :
    La cochenille n’aurait pu être qu’un insecte parasite du nopal, cactus des hauts plateaux du Mexique. Grâce aux soins des peuples précolombiens, son cadavre est devenu un trésor convoité par toute l’Europe. Matière première pour teindre dans une gamme de rouges du luxe (carmins, cramoisis, écarlates), elle y a détrôné le vermillon du kermès.
    Danielle Trichaud-Buti et Gilbert Buti se livrent à la traque de l’étonnant insecte qui participe à la première mondialisation des échanges. Après avoir présenté le produit dans l’espace amérindien et son contrôle par les Espagnols, ils en retracent sa redistribution en pointant le rôle de Marseille, « place la plus délicate de l’Europe » au XVIIIe siècle. L’enquête se prolonge par l’étude de son acclimatation dans le monde au XIXe siècle avant son abandon provoqué par les colorants synthétiques, puis son discret retour de nos jours comme colorant naturel.
    Une épopée haute en couleur à travers le Nouveau et l’Ancien Monde, où se tissent les destins ordinaires et exceptionnels d’aventuriers, d’artisans et de marchands, mais aussi de scientifiques botanistes, naturalistes et géographes parmi les plus passionnants.


     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle

     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
     Rouge Cochenille, histoire d’un insecte qui colora le monde XVIe-XXIe siècle
    Un livre à lire et à regarder ! Une histoire passionnante accompagnée d’une riche iconographie. Bref une vraie réussite éditoriale.
    Pour ce procurer ce beau livre n'hésitez pas à le commander sur le site du CNRS (
    https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/rouge-cochenille/)

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  • 11 February, 2021
    Atlas des Français

    Atlas des Français

    Atlas des Français (Éducation, santé, emploi, inégalités : les transformations de la société française) de Laurence Duboys Fresney, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Autrement, 2021.

    L'Atlas des Français

    L'Atlas des Français de Laurence Duboys Fresney
    Note de l'éditeur :
    Un portrait inédit de notre société.
    En 2021, les Français sont désormais bien entrés dans le XXIe siècle. À quoi ressemble aujourd’hui notre société ? Les discriminations face à l’emploi s’atténuent-elles pour les enfants de l’immigration ? Quels sont les bastions qui restent à conquérir pour les « petites-filles du baby-boom » ? Quels sont les nouveaux visages de la délinquance, et le sentiment d’insécurité est-il rationnel ? Quels sont les départements qui profitent le plus des mouvements de population ?
    Droit à l’éducation, accès au logement, pouvoir d’achat, éclatement de la classe moyenne, épargne, place des femmes, des jeunes et des seniors, services publics, influence de la religion, accès au numérique ou équilibre entre travail et loisirs : le bilan que dresse l’auteur met en lumière la complexité et les paradoxes de la société française. L’impact de la pandémie comme accélérateur du changement social est également abordé dans un premier état des lieux.
    Grâce à 180 cartes, graphiques et infographies présentant les résultats des dernières enquêtes et statistiques de l’Observatoire français des conjonctures économiques de Sciences Po, cet atlas passionnant dévoile les grandes tendances mais aussi les constantes des transformations à l’œuvre.


    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : Les Aires d'attraction des villes selon le nombre d'habitant en 2017
    Carte : Les Aires d'attraction des villes selon le nombre d'habitant en 2017
    Carte : La qualité de vie dans les territoires
    Carte : La qualité de vie dans les territoires

    Carte :
    Les demandes de logements sociaux en France

    Carte : Les demandes de logements sociaux en France
    Carte : Les systèmes de production agricoles en France

    Carte : Les système de production agricoles en France
    Document  : La composition de l'Armée française
     Document  : La composition de l'Armée française

    Carte  : Part des immigrés dans le population française, en 2017
    Carte  : Part des immigrés dans le population française, en 2017

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  • 24 December, 2020
    Kisokaidō et Kuniyoshi

    Kisokaidō et Kuniyoshi

    Catalogue de l'exposition : Voyage sur la route du Kisokaido - De Hiroshige à Kuniyoshi sous la direction de Manuela Moscatiello.
    Réalisation de la cartographie.
    L'exposition (16 octobre 2020 - 17 janvier 2021) est présenté au musée Cernuschi (Paris).

    L'exposition permettra de parcourir en images l'une des routes les plus spectaculaires du Japon : le Kisokaido. Elle rassemblera un ensemble de près de cent cinquante estampes japonaises exceptionnelles, dont certaines seront dévoilées au public pour la première fois. L’exposition permettra de parcourir en images l’une des routes les
    plus spectaculaires du Japon : le Kisokaidō, qui était une des cinq voies du réseau routier créé au Japon durant l’époque Tokugawa (1603-1868). Elle reliait Edo (actuelle Tōkyō), où le shogun avait sa résidence, à Kyōto, siège de l’empereur. Contrairement à la route du Tōkaidō, qui rejoignait l’ancienne capitale en cinquante-trois relais le long de la côte, le Kisokaidō, jalonné de soixante-neuf étapes, traversait l’intérieur montagneux. Il suivait un itinéraire plus long, parfois plus pittoresque et ardu en raison de la présence de neuf cols escarpés.

    Entre 1835 et 1838 le Kisokaidō fit l’objet d’une série d’estampes réalisées par Eisen (1790-1848) et Hiroshige (1797-1858), dont le succès fut considérable. Deux autres séries virent le jour sous le pinceau de Kunisada (1786-1865) et de Kuniyoshi (1797-1861). Elles constituent les deux grandes parties du parcours de l’exposition.

    Catalogue : Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi

    Carte : Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi

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  • 24 December, 2020
    6MOIS - N°20

    6MOIS - N°20

    Dans toutes les bonnes librairies, sort ce mercredi 15 novembre 2020 le nouveau numéro du magazine 6MOIS, le XXIe siècle en images, magazine qui donne la part belle à la photo et au photojournalisme. Réalisation cartographique d'Alexandre Nicolas.

    6M20 couverture

    Éditorial :

    Obama venait d’être réélu. Fin 2012, nous avions titré notre numéro 4 « USA, nouvelle saison » et ouvert notre triptyque sur cette phrase du premier président afro-américain des États-Unis : « Quiconque vous dit que l’Amérique est en déclin ne sait pas de quoi il parle. » Rêves de puissance, de liberté, d’égalité, recherche du bonheur : une saison de Trump plus tard, nous avons eu envie d’interroger une nouvelle fois ce mythe américain.
    Nos ordinateurs regorgent d’histoires rangées par pays, certaines envoyées par les photographes, d’autres repérées sur Internet, lors de prix ou de festivals. Celle de Bethany Mollenkof nous a saisis par sa justesse. L’Américaine raconte que quand elle arrive quelque part les gens n’imaginent pas que c’est elle « le » photographe. D’abord c’est une femme – elles représentent à peine 15 % des photoreporters ; et en plus, elle est noire. Cette fille du Tennessee, dans le Sud conservateur, s’intéresse aux Noires américaines, leur ventre, leur vie en danger : elles ont trois à quatre fois plus de risque de mourir d’une grossesse ou d’un accouchement que les Blanches. « La communauté n’est pas assez racontée, nous dit-elle. Il faut des histoires. Des histoires tout en nuances. » Ces nuances sont au cœur du projet « Geography of Poverty » du photographe de l’agence Magnum Matt Black. Six ans de travail, 160 000 kilomètres d’asphalte à travers 46 États : ce road trip en noir et blanc, exceptionnel par son ampleur, témoigne d’une pauvreté systémique, ancrée. « Mon pays, dit-il, est très différent des histoires que nous aimons nous raconter. »
    Matt Black et Bethany Mollenkof, s’inscrivent dans une longue tradition de la photographie sociale américaine. Dès les années 1880, Jacob Riis publie dans le Evening Sun des photos des taudis insalubres des ouvriers du Nord – interpellé, le maire de New York fera assainir certains lieux, comme les asiles de nuit. En 1910, Lewis Hine enquête sur les conditions de travail des enfants.
    Ses images indignent le pays, une loi pour la protection de l’enfance est votée. Durant la Grande Dépression qui suit le crash de 1929, la Farm Security Administration, organisme d’État chargé d’aider les fermiers les plus pauvres, envoie des photographes dresser un portrait de l’Amérique en crise. Le but : convaincre de l’utilité des réformes du président Franklin Roosevelt. Parmi eux, des grands noms – Walker Evans, Russell Lee, Arthur Rothstein, Ben Shahn, Dorothea Lange, célèbre pour sa photo de la « mère migrante », ou encore Gordon Parks, l’un des premiers photographes noirs à user de son objectif comme d’une arme pour dénoncer la ségrégation sociale, et raciale.
    Autre époque, près d’un siècle plus tard, c’est une vidéo, tournée par une adolescente, qui révèle l’indicible. George Floyd, Afro-Américain de 46 ans, étouffe au bout de huit longues minutes sous le genou d’un policier. « Le racisme n’est pas en train d’empirer, il est juste enfin filmé », prévenait l’acteur noir Will Smith en 2016. Les chiffres qui affluent des États-Unis embrasés par la colère semblent irréels : les Noirs ont 2,5 fois plus de probabilité d’être abattus par la police que les Blancs ; un Noir sur trois né aujourd’hui risque la prison, pour un Blanc sur dix-sept. Alors que nous bouclions ce numéro, les images de Bethany résonnaient d’un coup. Elle dit qu’elle « fabrique des archives. Les archives sur les femmes et les personnes de couleur ». C’est la force des projets au long cours : leurs histoires font déjà mémoire •
    Léna Mauger

    Carte - Le Cartographe 6Mois
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  • 23 December, 2020
    Les Littoraux

    Les Littoraux

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Les Littoraux (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Annaig Oiry (Maître de conférences en géographie à l’Université Gustave Eiffel de Marne-la-Vallée)

    Couverture de ce numéro (décembre 2020)

    DocPhoto - Les Littoraux
    Les littoraux présentent aujourd’hui des visages variés. Si certains maintiennent une activité de pêche importante, d’autres favorisent le développement du tourisme. Si certains sont devenus des interfaces industrielles intégrées aux grands circuits mondialisés, d’autres restent isolés, marginalisés. La question de la vocation de ces espaces littoraux est liée à des enjeux politiques, géopolitiques, économiques, sociétaux et environnementaux majeurs, abordés ici.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : La piraterie dans le golfe de Guinée en 2018
    Carte : La piraterie dans le golfe de Guinée en 2018
    Carte :
    Les aires marines protégées en Afrique de l'Ouest

    Carte : Les aires marines protégées en Afrique de l'Ouest

    Carte :
    Les Touristes et backpackers en Asie du Sud-Est

    Carte : Les Touristes et backpackers en Asie du Sud-Est

    Carte : Pollutions dans le golfe du Mexique à la suite de l'explotion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon

    Carte : Pollutions dans le golfe du Mexique à la suite de l'explotion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon

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  • 7 October, 2020
    L'Empire Romain

    L'Empire Romain

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : L'Empire Romain (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Pierre Cosme (Professeur d'Histoire romaine à l'université de Rouen, Groupe de Recherche en Hisoire EA 3831 )

    Couverture de ce numéro (octobre 2020)

    L'Empire Romain (CNRS Édition)
    Au Ier siècle av. J.-C., Rome a formé un empire à l’échelle de l’Europe occidentale et de la Méditerranée. Tout en conservant les apparences républicaines, Auguste fonde un nouveau régime politique : le Principat. Il adapte ainsi les institutions romaines aux dimensions de l’Empire. Ce moment politique essentiel ouvre une période de cinq siècles d’unité territoriale autour de la Méditerranée pendant laquelle s’épanouit la civilisation gréco-romaine.
    Ce dossier explore l’Empire romain dans sa diversité, ses évolutions et ses éléments de continuité structurants. Il offre un aperçu de cette société fortement hiérarchisée, reposant sur l’esclavage, mais dans laquelle des affranchis peuvent s’élever à des fonctions parmi les plus hautes de l’État.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : L'empire romain et les nouvelles capitales impériales au IVe siècle
    L'empire romain et les nouvelles capitales impériales au IVe siècle
    Carte :
    Migrations et invasions barbares dans le première moitié du Ve siècle

    Carte : Migrations et invasions barbares dans le première moitié du Ve siècle
    Carte :
    Les provinces romaines à la fin du IIe siècle

    Carte : Les provinces romaines à la fin du IIe siècle

    Carte : Principaux espaces de production et axes commerciaux dans l'Empire Romain

    Carte : Principaux espaces de production et axes commerciaux dans l'Empire Romain

    Carte : Le Portus à Ostie près de Rome
    Carte : Le Portus à Ostie près de Rome

    Carte : Plan de Constantinople
    Carte : Plan de Constantinople


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