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anicolas

 

Alexandre Nicolas :

Cartographe - géomaticien,

ancien officier géographe

du Ministère de la Défense.

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AUTEUR

Les ascensions oubliées des officiers géographes dans les Alpes du Sud

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La Vallouise en 3D selon les cartes de Bourcet/d'Arçon
Réalisation : Alexandre Nicolas

Une autre histoire des Alpes : les ascensions oubliées des officiers géographes dans les Alpes du Sud
• La carte de Bourcet, 1749-1755
• La carte générale de la France, dite carte de l’État-Major, 1823-1830, 1851-54

Recherches menées par Olivier Joseph, Paul Billon-Grand et Alexandre Nicolas, cartographe (France)
Eugenio Garoglio (CeSRAMP – Université de Turin)
Contact : Olivier Joseph – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 06 88 56 61 95

C’est à l’occasion de la commémoration du 150ème anniversaire de l’ascension de la Barre des Écrins, en 2014 sous l’égide de l’office de promotion de la communauté de communes du Pays des Écrins (Destination Écrins, Hautes-Alpes), de l’Office de Tourisme de la Vallouise, du Parc national des Écrins et de la Compagnie des guides Oisans-Écrins, qu’Olivier Joseph et Paul Billon-Grand se sont intéressés, le premier en historien, le second en toponymiste, aux événements ayant précédé cette ascension importante dans l’histoire de l’alpinisme.

Située au cœur des massifs des Écrins et de l’Oisans (Hautes-Alpes et Isère), la Barre des Écrins est une montagne de 4102 mètres d’altitude qui était, jusqu’au rattachement de la Savoie à la France (1860), le plus haut sommet français. Les Écrins forment une vaste montagne glaciaire dans leur face nord, où prend naissance la Glacier Blanc. L’ascension jusqu’à l’altitude de 4000 mètres se fait sans difficulté majeure : seuls les 100 derniers mètres, sur une face verglacée et sur une arête aérienne sont plus délicats, mais néanmoins accessibles. 

Son ascension, le 25 juin 1864, par une cordée composée d’un guide français, Michel Croz, d’un guide suisse, Christian Almer, et de trois alpinistes anglais, Adolphus Warburton Moore, Horace Walker et Edward Whymper, marque une date importante. Elle fait entrer le massif des Écrins dans l’histoire de l’alpinisme sportif.

Alors même que les deux récits de Whymper et de Moore ne mentionnent jamais le fait que cette ascension ait été une première, les compilations anglaises puis françaises ont attribué très rapidement à la cordée de Whymper le mérite de la première ascension.

En portant nos regards sur les décennies précédant cette ascension, en reprenant à frais neuf les récits et les archives des personnes qui ont fréquenté ce massif de haute montagne entre les XVIIe et XIXe siècles, nous sommes allé de surprise en surprise. Nous avons non seulement compris l’ampleur des travaux conduits sur le terrain par les officiers-géographes aux XVIIIe et XIXe siècles, mais nous avons aussi retrouvé les traces de leurs exploits scientifiques et sportifs. Et nous commençons à comprendre les mécanismes qui ont conduit à l'oubli de ces ascensions, alors même qu'un des plus importants alpinistes anglais en a donné les clés.

Les ascensions de 1750-51

Les minutes originales de la carte de la frontière des Alpes dauphinoises (Service Historique de la Défense – J 10 C 512 et 516), établie entre 1749 et 1755 sous la direction de Pierre-Joseph de Bourcet, ingénieur militaire, sont un chef d’œuvre de cartographie peu connu. Les minutes originales, aquarellées, sont dessinées au 1/14 400e. De très nombreux détails y figurent : maisons, cabanons, chemins, rivières, etc.
Extrait de la carte de Bourcet (Briançon)
Extrait de la cart de BourcetNous avons eu la surprise de découvrir, sur les feuilles représentant le Queyras, que Bourcet et ses officiers avaient très vraisemblablement escaladé le Viso (3 841 m) lors des opérations de géodésie conduites en 1750 ou 1751.

La consultation du canevas géodésique de la carte de Bourcet (S.H.D. – J 10 C 511) a permis d’établir la réalité de cette ascension. En reportant tous les sommets formant les triangles primaires de la géodésie de Bourcet sur un modèle numérique de terrain actuel, nous avons montré que, durant l’été 1750 ou 1751, Bourcet et ses officiers ont bien escaladé le Viso, mais encore le Bric Froid (3 302 m), le pic de Rochebrune (3 320 m), l’Aiguille Noire en Clarée (2 870 m) et le Râteau Ouest (3 769 m). Et au moins cinq autres sommets à l’intérieur du massif des Écrins, dans les vallées adjacentes à celle du Vénéon et de la Bérarde que nous avons encore du mal à identifier, mais qui pourraient être le Jandri, l’Aiguille du Plat de la Selle, le Pic du Says, etc.

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Si les sommets clairement identifiés ne présentent pas de difficultés d’ascensions majeures, ils sont néanmoins situés en haute altitude et exigent des personnes qui les gravissent, aujourd’hui comme en 1750, de franchir des terrains glaciaires (Râteau), des pentes raides (Viso, Râteau), des ressauts rocheux qui doivent être escaladés avec les pieds et les mains (Viso et surtout Aiguille Noire).

Nous savons, par une série de documents conservés aux Archives Départementales des Hautes-Alpes (E DEP 57 BB 53, pièces justificatives de la trésorerie de la communauté de Vallouise), que les officiers étaient systématiquement accompagnés dans ces ascensions par trois habitants des vallées qui portaient les instruments de mesure, et d’un autre qui les guidaient. D’autres habitants des communautés montagnardes étaient réquisitionnés pour installer sur les sommets des « jalons » : signaux permettant les visées de loin, composés d’un tronc d’arbre de 10 à 15 mètres de hauteur, et d’un drap blanc formant « banière ».
Ces ascensions, qui sont dorénavant les premières connues de ces sommets, ont été de véritables exploits sportifs et scientifiques avant l’heure.
Les ascensions du Viso et du Râteau Ouest par les officiers placés sous le commandement de Bourcet, interviennent respectivement 110 ans et 120 ans avant les premières admises jusqu’à ce jour : 1861 pour le Viso (William Mathews, Frederick William Jacomb, Michel Croz et Jean-Baptiste Croz) ; 1 873 pour le Râteau (Miss Meta Brevoort, W. A. B. Coolidge, Christian Almer, Peter Michel, Peter Bleuer et Christian Roth).
Mais ces deux ascensions majeures ont aussi lieu 35 ou 36 ans avant celle du Mont-Blanc.
C'est dire l’importance de la campagne de géodésie et de cartographie menée sous la direction de Pierre-Joseph de Bourcet au regard de l’histoire de la présence humaine sur les hauts sommets des Alpes.


Les ascensions de 1851-53

Lors de la campagne géodésique et cartographique des années 1851, 1852 et 1853, visant à terminer la Carte Générale de la France – dite carte de l’État-Major – des officiers topographes et cartographes de l'État-Major ont gravi une bonne vingtaine de sommets du massif des Écrins.

Le premier sur les lieux, le capitaine Alexandre Davout, neveu du maréchal d’Empire Davout, secondé par le lieutenant Froester, avait la mission d’établir la géodésie dite du second ordre. Lors de cette campagne, il a gravi l’Aiguille Centrale d’Arves (1852, 3513 m) et, probablement le pic Jocelme (3457 m, 1853, Bonvoisin sur la carte). Pour l’Aiguille Centrale d’Arves, ce ne semble pas être une première : des documents permettent de savoir que des habitants de Valloire y sont monté en 1839. En revanche, pour le Jocelme c’est la première connue et attestée.

Puis, durant l’été 1853, d’autres officiers sont venus dans le massif pour établir la géodésie finale en stationnant sur les points désignés et mesurés préalablement par le capitaine Davout, afin de fixer les limites entre communes permettant de rabouter les cartes du cadastre, mais surtout d’obtenir le maximum d’altitudes et de détails pour dessiner la carte. 

C’est ainsi que, durant l’été 1853, les officiers en charge des derniers relevés topographiques et de la cartographie ont escaladé les sommets suivants :

• le lieutenant Émile Meusnier : la Barre des Écrins (4 102 m), le Pelvoux (3 946 et 3 932 m), l’Ailefroide Orientale (3 847 m), l’Ailefroide Occidentale (3 954 m), Neige-Cordier (3 614 m), les Agneaux (3 664 m), la Pointe Nérot (3 538 m) ; 

• le capitaine Joseph Constant Cousinard : le Bonvoisin (3 480 m) et le Jocelme (3 457 m) ;

• dans le secteur de la Bérarde, le capitaine Louis-Hippolyte Bourgeois : la Tête Nord du Replat (3 342 m), l’Aiguille du Plat de la Selle (3 596 m), le Grand Pic de la Grave (3 667 m), le Jandri, la Tête des Fétoules (3459 m), l’Aiguille des Arias (3 221 m), l’Aiguille d’Entre-Pierroux (3 168 m) et la Cime du Montagnon (2 895 m) ; 

• et, enfin, au sud, le capitaine Courrier : les Rouies (3 589 m) et le Sirac (3 441 m).
Si les documents des années 1851-53 ne permettent pas de donner avec certitudes des dates (mois et jours) pour ces ascensions, les données géodésiques des minutes de la carte finale convergent pour attester la réalité de ces ascensions.

Chaque officier était accompagné d'un muletier et d'un ou plusieurs guides. Payés directement par les officiers sur les sommes qui leur étaient confiées à leur départ de Paris, les noms de ces guides et muletiers n'apparaissent jamais dans les archives – correspondances et mémoires – des officiers de l'État-Major. Seuls des accidents dramatiques permettent de conserver des traces de ces montagnards anonymes. En 1853, le guide du capitaine Vuillemot, chute sous ses yeux dans le Valbonnais : les secours financiers demandés par l'officier permettent d'identifier le guide. Il en va de même pour un guide du capitaine Adrien Durand : foudroyé sous ses yeux dans le Vercors, il est identifié dans les archives.

 

Conclusions… provisoires
Les recherches menées dans les fonds d’archives du Service Historique de la Défense, de l’I.G.N., ainsi que des archives départementales de l’Isère, des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes, permettent de prendre la mesure des opérations sur le terrain nécessaires à la réalisation des cartes de Bourcet (1749-1755) et de l’État-Major (1851-1854 pour les Alpes du Sud). Elles permettent aussi la découverte, à ce jour, de plus de trente ascensions oubliées de sommets majeurs dans les massifs de l’Oisans, des Écrins, dans le Queyras et l’Ubaye. Toutes ces ascensions sont le fruit d’une collaboration sur le terrain des officiers-géographes, des officiers de l’État-Major et d’habitants des vallées, porteurs et guides.

De ces deux opérations cartographiques, celle des années 1749-1755 dans le Haut-Dauphiné est la plus importante au regard de la connaissance historique. Les ingénieurs géographes avaient acquis dès le milieu du XVIIIe siècle, une connaissance fine de la topographie des Alpes du Sud. Les sommets les plus importants, accessibles ou non, visés depuis toutes les points de la géodésie primaire étaient localisés précisément et le niveau des détails dans les zones habitées n’avait rien à envier aux cartes actuelles au 1/25000e. La Barre des Écrins, par exemple, avait été visée et localisée précisément par des triangulations conduites depuis la Vallouise, la haute Romanche et le Vénéon. Contrairement à ce qui a toujours été écrit dans les histoires de l'alpinisme, la Barre des Écrins était connue comme étant le plus haut sommet du massif, et elle était précisément localisée aussi bien depuis la Vallouise que depuis le Vénéon, depuis au moins le milieu du XVIIIe siècle.

La mise en 3D des cartes de Bourcet et d’Arçon, effectuée par Alexandre Nicolas, révèle que les ingénieurs militaires avaient une connaissance, jusque là négligée, du relief : sur la carte de la Vallouise en 3D, les formes et les volumes du Pelvoux, du Pic-Sans-Nom et des Sagnes, apparaissent sans ambiguïté.

Il semble assuré, de plus, que des recherches plus approfondies sur ces mêmes cartes pour les Alpes-Maritimes augmentera le nombre de sommets gravis avant la naissance de l’alpinisme sportif.

Des recherches similaires menées en Italie par Eugenio Garoglio, historien au Centro Studi e Ricerche storiche sull’Architettura Militare del Piemonte de l’Université de Turin, ont permis de découvrir une série d’ascensions oubliées sur des sommets majeurs des Alpes piémontaises. Elles sont intervenues, elles aussi, lors des projets de cartographie militaire des XVIIIe et XIXe siècles. Mais certaines ont pris place avant, parfois bien avant.

Présente lors de la conférence du 14 août à Vallouise annonçant publiquement ces découvertes, Michèle Virol, professeur à l’Université de Rouen, présidente du conseil scientifique du Comité Vauban-UNESCO, spécialiste de Vauban et des ingénieurs militaires aux XVIIe et XVIIIe siècles, a confié ses impressions : « Votre travail est un tour de force qui nous oblige à repenser ce que nous pensions savoir : les montagnes et les littoraux n’étaient ni des blancs de la carte, ni des non-lieux. Il faut poursuivre le travail. »

Quant à Sue Hare, administratrice de l'Alpine Club, elle ne cachait pas son enthousiasme à la fin de la conférence.

Ces découvertes ne sont qu’un début : il nous reste à comprendre de façon fine l’ensemble des opérations sur le terrain des officiers ayant mené ces deux grands projets de cartographie. Il nous reste encore à reconstituer les vies des habitants des communautés montagnardes qui ont accompagné les officiers dans leurs patient travail afin de comprendre qui étaient ces héros anonymes.
Mais d’ores et déjà, nous savons que nos recherches sont une porte grande ouverte sur une autre histoire des Alpes.


Olivier Joseph,
Alexandre Nicolas, Paul Billon-Grand et Eugenio Garoglio

Vallouise, le 15 août 2015.

 

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  • 10 May, 2020
    L'Asie du Sud-Est

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    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : L'Asie du Sud-Est (CNRS Éditions)
    Sous la direction de Marie Gibert-Flutre (Géographe du Vietnam, de l'Asie du Sud-Est, Maître deconférence à l'Université de Paris)

    Couverture de ce numéro (février 2020)

    L'Asie du Sud-Est (CNRS Édition)
    Longtemps perçue comme un espace intermédiaire entre les géants indiens et chinois, l'Asie du Sud-Est est pourtant un monde en soi.
    L'immense variété ethnique, culturelle et religieuse qui la caractérise ne doit pas faire illusion : l'ensemble des pays de l'Asie du Sud-Est sont confrontés à des dynamiques et des enjeux communs dans le contexte de la mondialisation et de la montée en puissance de leur voison chinois. À des degrés divers, ils connaissent des bouleversements et des paradoxes induits par l'émergence.

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  • 6 May, 2020
    Un monde de migrants

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    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de la documentation photographique : Un monde de migrants (CNRS Éditions)
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    Couverture de ce numéro (septembre 2019)

    Un monde de migrant (CNRS Éditions)
    Depuis 2015, la question des migrations fait l'actualité comme s'il s'agissait d'une réalité nouvelle. Pourtant, elle est une composante essentielle de l'histoire mondiale depuis le XIXe siècle et le peuplement des "nouveaux monde".
    Depuis cette époque, les motivations des migrants n'ont pas changé. Une partie d'entre eux sont des réfugiés, mais l'mmense majorité prend la route pour trouver du travail et construire une vie meilleure.
    Bien que l'immigration légale constitue la majorité des flux, elle est très encadrée et limitée numériquement. Les canditats sont ainsi nombreux à tenter leur chance dans la clandestinité.
    Ce dossier pose les grands enjeux des migrations contemporaines et dissipe un certain nombre de fausses croyances.

    Quelques cartes de l'ouvrage :

    Carte : Les flux migratoires dans le monde
    Les Flux migratoires

    Carte : Les réfugiés dans le monde
    Les réfugiés dans le monde

    Carte : Les migrations intérieures et régionales des Chinois
    Les migrations intérieures et régionales des Chinois

    Carte : Les migrations vers la Russie depuis les pays de la CEI
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  • 20 November, 2018
    C'est comment ailleurs

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    C'est comment ailleurs de Gerald Roux, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Autrement. En partenariat avec FranceInfo.

    C'est Comment Ailleurs


    Note de l'éditeur :
    On se pose tous la question : mais comment ça se passe ailleurs? École, transports, vacances, santé, politique, pollution... Les autres pays du monde ont-ils une longueur d'avance sur nous?
    Alors... C'est comment l'agriculture à Chicago ? C'est comment la vie politique en Norvège ou au Rwanda ? Le recyclage du plastique au Kenya ? La Sécu aux États-Unis ? L'obésité au Japon? Le tour cycliste du Burkina Faso ? Les rythmes scolaires en Corée du Sud ?
    Un atlas mondial pour découvrir, en plus de 60 thèmes illustrés, des questions graves, insolites, surprenantes ou amusantes.

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  • 24 July, 2017
    Le Queyras en carte

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    Le Parc Naturel Régional du Queyras et la communauté de communes du Guillestrois et du Queyras (département des Hautes-Alpes) nous ont contacté afin de réaliser une carte à vocation multiple (brochures touristiques, communication, utilisation interne). La carte se devait donc d'être à la fois complète en terme d'information géographique et esthétique afin d'être publiée. Elle fut réalisée et livrée sous illustrator et afin de pouvoir choisir les informations à la carte. Un estompage en transparence permet également d'apprecier le relief. Pour les amateurs de randonnées voici le site internet du Parc du Queyras : www.pnr-queyras.fr/

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    Carte du Queyras
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    Carte du Queyras
    Carte du Queyras (extrait)
    Carte du Queyras
    Carte du Queyras (extrait)
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  • 25 April, 2017
    Plans de ville

    Plans de ville

    Offices de tourisme, sociétés de consulting, sociétés immobilières, maisons d'édition, vous êtes nombreux à me solliciter afin de concevoir des plans de villes. Voici donc quelques exemples de plans réalisés récemment. Un plan réussi étant un délicat mélange entre la qualité des données géographiques et l'esthétique.

    Avignon (plan de ville réalisé pour une maison d'édition)
    Avignon (plan de ville réalisé pour une maison d'édition)

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    Isle-Adam (plans de ville réalisés pour la société Eiffage)

    antin (plan de ville réalisé pour la société Eiffage)

    Bergerac (plan de ville réalisé pour une société de marketing/communication)
    Plan ville Bergerac site 0

    Bergerac (plan de ville réalisé pour une société de marketing - Balthazar Média)

    Plan ville Bergerac site 2
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  • 22 March, 2017
    XXI - 37

    XXI - 37

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI. L'information grand format. Quintin Leeds et Sara Deux à la Maquette ont encore fait des merveilles. Ce numéro est passionnant et le reportage sur Aloïs Bruner est exceptionnel.
    Couverture du n°37 (Hiver 2017) de la revue XXI
    Couverture du n°37 (Hiver 2017) de la revue XXI

    Note de l'éditeur concernant ce n° :
    Un scoop est comme un puzzle.
    Tout commence par une discussion à bâtons rompus, un jour d’octobre à Istanbul. Hedi Aouidj, un journaliste free-lance qui couvre le conflit syrien depuis plusieurs années, sursaute quand un « fixeur » (à la fois interprète et assistant) évoque une relation qui aurait bien connu un certain « Fischer », protégé par le régime de Damas. Fischer… Hedi connaît ce nom… C’est le pseudonyme d’Aloïs Brunner, l’un des nazis les plus recherchés depuis 1945. Le reporter remonte aussitôt le fil qui conduit en Jordanie. C’est la première pièce du puzzle : il faut un journaliste sur le terrain, cultivé et attentif.
    Hedi Aouidj a déjà publié dans XXI un reportage, « La Couveuse de Daech », sur un étudiant syrien qui avait partagé son cachot avec des éclopés de la vie, de pauvres types devenus par la suite des hommes forts de l’État islamique. Il appelle le rédacteur en chef de XXI. On est un mercredi : « Va en Jordanie ! » Le vendredi, Mathieu Palain, un membre de la rédaction de XXI, est mis au parfum. Le samedi, Hedi Aouidj arrive à Irbid, en Jordanie. C’est la deuxième pièce du puzzle : il faut une rédaction qui ait les moyens de financer « pour voir » un voyage qui peut faire « pschitt », un journal qui mobilise tout de suite ses forces.
    Pendant quinze jours, un duo se met en place. Hedi gagne la confiance de plusieurs sources, accumule les rendez-vous et les entretiens dans une petite pièce, à l’abri des oreilles indiscrètes, et retranscrit les témoignages. Par messagerie, il envoie chaque soir les scripts des entretiens. À Paris, Mathieu se gave de documentation, confesse le gendarme qui pendant douze ans a mené la traque, voit le juge d’instruction, sollicite Serge Klarsfeld qui ouvre ses archives. Et envoie des listes de questions, de détails à recouper ou à vérifier. C’est la troisième pièce du puzzle : il faut un travail minutieux pour renverser la méfiance, recouper tous les indices, traquer les récits trop parfaits, questionner les blancs. Le journalisme a besoin de temps et de ce carburant impalpable qu’on appelle l’envie.
    Tout se met en place. L’enquête est bouclée. À peine descendu de l’avion, Hedi Aouidj file à la rédaction de XXI pour dégager un plan avec Mathieu Palain. Quelques jours plus tard, une « V-1 » est mise en forme, un premier jet qui sera repris une dizaine de fois par les journalistes, la rédaction en chef, le secrétariat de rédaction et la direction artistique. C’est la quatrième pièce du puzzle : il faut une méthode et une exigence pour rendre intelligible, vivant et clair un immense jeu de pistes de soixante ans.
    Le texte passionne toute la rédaction. Une présentation particulière est décidée : la maquette est bouleversée. Un bandeau en couverture affiche l’histoire terrible d’un homme qui se vantait d’avoir tué « plus de vingt-cinq mille juifs français » et qui a mis son savoir-faire de nazi au service du clan Assad. Le tirage de XXI est augmenté. Pour éviter que l’information soit dénaturée, un embargo est imposé. C’est la cinquième pièce du puzzle. Il faut savoir rompre les habitudes pour s’adapter et accompagner les lecteurs.
    Ces cinq pièces de puzzle forment un tout. Le hasard et l’amitié y jouent un rôle important. Mais la méthode et la structure permettent de transformer une indiscrétion en information tangible et indiscutable. Pour cela, le journalisme a besoin d’un projet éditorial, de moyens humains et matériels, et de beaucoup de temps : deux mois de travail intensif.
    Cette liberté, c’est vous, lecteurs, qui nous la donnez, numéro après numéro depuis bientôt dix ans en achetant XXI. Vous êtes la dernière pièce du puzzle, celle qui permet tout.

    Laurent Beccaria

    http://www.revue21.fr Lire la suite ...
  • 2 January, 2017
    Atolls Pacifique

    Atolls Pacifique

    Les atolls du Pacifique face au changement climatique. Une comparaison Tuamotu-Kiribati de T. Bambridge et J.-P. Latouche cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Karthala.
    Les atolls du Pacifique face au changement climatique. Une comparaison Tuamotu-Kiribati
    Note de l'éditeur :
    Cet ouvrage pluridisciplinaire réunissant géographie, anthropologie, histoire et archéologie, est le premier à aborder d’une manière comparative l’avenir des atolls du Pacifique considéré du point de vue des sociétés qui y vivent et du ressenti de leurs habitants confrontés au changement climatique.
    Il présente les résultats d’enquêtes de terrain effectuées simultanément en 2015 dans l’archipel des Tuamotu en Polynésie française et dans celui des îles Gilbert en République de Kiribati. Des synthèses historiques sur les axes traditionnels de la résilience d’îles basses, très exposées aux risques cycloniques et aux submersions marines, complètent ces observations contemporaines pour souligner les dangers d’un développement économique oublieux de l’équilibre socio-environnemental et des effets potentiels du changement climatique.
    Ces analyses lancées à l’initiative de l’AFD (Agence française de développement) s’adressent autant à un public sensibilisé aux enjeux climatiques mondiaux qu’à des responsables et acteurs des politiques publiques. Au-delà des différences ponctuelles, elles témoignent du rejet d’ensemble des consignes internationales par des sociétés insulaires voulant demeurer libres de leur destin et s’appuyant sur l’expérience des savoirs traditionnels.
    Elles dégagent une orientation centrale pour le développement durable d’atolls situés en première ligne du risque climatique : éviter, dans un contexte de crise, que deux conceptions de la résilience, celle de la vision locale et celle des États, ne s’affrontent pour devenir antagonistes.

    Tamatoa Bambridge, directeur de recherches au CNRS, anthropologue au CRIOBE de Moorea, s’est spécialisé dans les questions foncières dans le monde polynésien.
    Jean-Paul Latouche, ethnographe au CNRS, a pu étudier pendant plusieurs années sur le terrain l’organisation socio-politique et l’histoire ancienne et contemporaine de Kiribati.

    Quelques cartes de l'ouvrage :
    Carte des Kiribati

    Carte des îles Tuamotu
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  • 1 January, 2017
    TimeBook 2017

    TimeBook 2017

    Time Book 2017 de Hélène de Virieu, Daniel Garcia, Matthieu Recarte, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions Les Arènes.Time Book 2017
    Note de l'éditeur :
    Le Time Book, c’est quoi ?
    250 dates à noter dans votre agenda pour 2017, les grands rendez-vous culturels, économiques, scientifiques, politiques.
    12 grands entretiens avec des penseurs, philosophes, géographes ou astrophysiciens… qui regardent l’avenir, voient clair et loin.
    Des centaines d’éclairages variés, des chiffres clés, des infographies pour comprendre le monde tel qu’il va.

    Un livre qui donne le goût de demain

    Une vraie mine d'or ce livre. La maquette et les infographies de Quintin Leeds sont superbes. On a envie de se plonger en 2017 avec une grosse envie d'apprendre et de partager. Société, géopoilitique, sciences et culture, cet objet non identifié est un bijou. - Le Cartographe


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  • 30 December, 2016
    XXI - N°36

    XXI - N°36

    Réalisation de la cartographie de ce nouveau numéro de XXI. L'information grand format. Avec toujours Quintin Leeds et Sara Deux à la Maquette !
    Couverture du n°36 (Automne 2016) de la revue XXI
    XXI 36

     
    Éditorial :
    Au début des années 1990, l’expression « spectacle vivant » s’est imposée pour qualifier le théâtre, les concerts, le cirque, l’opéra, la danse ou les spectacles de rue. Autant de formes d’art qui offrent des sensations distinctes de celles, tout aussi intenses et fortes, que l’on peut éprouver au cinéma, devant un écran ou en écoutant de la musique enregistrée.
    C’est en référence à cette distinction que nous avons intitulé Les Ateliers de Couthures le « Festival du journalisme vivant ». Il s’agissait de proposer une autre forme d’expression du journalisme et une autre relation entre les journalistes et le public. Pas d’écran ou de papier. Une restitution de choses vues par les témoins et les journalistes, de plain-pied, avec simplicité.
    Dans le Manifeste XXI, il y a deux ans, nous citions le philosophe japonais Uchida Tatsuru : « Ce dont les médias ont besoin actuellement, c’est de chair. Pour que les médias reviennent à la vie, ils n’ont pas d’autre choix que de redevenir des êtres vivants. » Nous avons pu éprouver le sens et la profondeur de son intuition pendant trois jours, au cœur de l’été, dans le petit village de Couthures, au bord de la Garonne.
    Ce que nous avons vécu ensemble, festivaliers et professionnels, lecteurs et journalistes, bénévoles et témoins, de tous âges et de tous horizons, c’est la force de la présence et la nécessité de l’échange. En chair et en os. L’harmonie qui se dégageait de ces trois jours, la lumière, l’intensité, le parfum de l’air, la beauté de l’éphémère… Tout paraissait simple, loin du lamento sur la crise des médias, la société crispée ou des théories fumeuses sur la mutation numérique.
    Un des participants, Abou Jaffar, a témoigné sur son blog : « J’ai vécu un rêve d’analyste, un moment rare de pure plénitude intellectuelle. Sans cesse sollicité, défié, stimulé, au contact permanent d’esprits passionnés, je sors de ce séjour presque comme on sort d’une expérience spirituelle. En quelques heures, au soleil, au cœur d’un village transformé en un “think tank” géant, j’ai plus réfléchi, appris et douté qu’en bien des mois […] Ce rassemblement d’intelligence collective m’a rassuré sur nous, notre résilience, notre capacité à chercher des réponses, même douloureuses, même imparfaites. La richesse des échanges de ces jours et de ces nuits m’a convaincu que, tous, nous n’écrivons pas pour vous mais grâce à vous. »
    Pourquoi les intervenants ont-ils été aussi attentifs et les festivaliers aussi talentueux ? Un observateur malicieux a évoqué deux références. D’abord les Rencontres du Contadour, organisées dans les années 1930 par Jean Giono, un lieu de rencontres rituelles dans un hameau de montagne, rassemblant des poètes, des écrivains, des philosophes et des lecteurs : écouter de la musique, partager ses lectures et se promener en refaisant le monde… Ensuite, L’An 01, une BD de Gébé parue dans la foulée de Mai 68 et enrichie pendant quatre ans par les propositions des lecteurs, puis adaptée en film par Jacques Doillon, dont le sous-titre était : « On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste. » La BD racontait l’utopie d’un monde où tout serait questionné et remis à zéro.
    Nous vivons des temps de métamorphose, où les structures horizontales et pyramidales implosent, tandis que les médias s’affolent, sans boussoles. Smith Henderson, un écrivain américain, témoignait de cette perte de sens dans Libération : « Il suffit qu’un pseudo-expert soulève une polémique sur les réseaux sociaux pour que les télévisions s’en emparent et viennent lui demander d’en parler lui-même dans les talk-shows du soir. L’absurdité initiale de la polémique n’a bien sûr aucune importance : “Les gens en parlent”, par conséquent le sujet mérite d’être débattu jusqu’à la lie. Les bonds d’audience enregistrés par ces émissions les rendent irrésistibles. » Il est temps de dire « stop » et de proposer autre chose.
    Le Festival international du journalisme vivant est une utopie incarnée. À nous et à vous de la faire vivre, croître et s’enrichir. Nous avons quelques idées. Mais nous avons aussi besoin des vôtres. Pour XXI, l’été 2016 marque un point de départ vers de nouvelles aventures, à imaginer ensemble.
    Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

    Site internet
    de la Revue XXI : http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-36
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  • 19 November, 2016
    Allemand en France

    Allemand en France

    Comme un allemand en France ; Lettres inédites sous l'occupation 1940-1944 de Jeanne Guérout, Aurélie Luneau et Stefan Martens, cartographie d'Alexandre Nicolas aux Éditions L'Iconoclaste.


    Comme un allemand en France

    Note de l'éditeur :

    "Les Français ne bossent pas comme des imbéciles comme nous, ils prennent le temps pour tout et semblent, personnellement, plus heureux." Gottfried S. à sa femme, Lotte, 23 Mai 1941

    Ils sont 80 000 en 1941, près d’un million à la veille du débarquement en juin 1944. Issus de tous les milieux et de toutes les régions, certains quittent leur foyer pour la première fois. Cinq années durant, ces allemands qui occupent la France écrivent à leur familles, se confient à leurs journaux intimes, croquent leur quotidien dans des calepins, photographient les paysages.

    Avec le temps, leurs sentiments évoluent. Les lettres des premiers mois se veulent rassurantes, et même fanfaronnes ; peu à peu, le doute s’installe. Certains ont une foi absolue en Hitler. D’autres, tel le jeune soldat Heinrich Böll, futur prix Nobel de littérature dont les lettres sont traduites pour la première fois, sont gagnés par l’empathie et tissent des liens avec les Français.

    Il a fallu deux années de recherche en Allemagne pour trouver, sélectionner et rassembler ces écrits complètement inédits en France. Ils renouvellent de manière passionnante notre regard sur cette période. Entre les lignes se dessinent un nouveau visage de l’Occupant, plus complexe, plus subtil.

    Sous la plume des Allemands, une autre guerre nous est racontée.

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